La nécropole du haut Moyen Âge de Vitry-la-Ville (Marne)

Synthèse des données anciennes et récentes

Présentation

Au cours de l’été 2013, s’est déroulée la fouille archéologique préventive de la nécropole du haut Moyen Âge au lieu-dit « Le Cray » à Vitry-la-Ville (Marne). Une partie de ce site était déjà connue sous le vocable de « nécropole du Maltrat » (ancienne commune de Vouciennes, aujourd’hui incluse dans le territoire de Vitry-la-Ville). Les premières découvertes, essentiellement réalisées durant la première moitié du XXe siècle, avaient permis de dater ce gisement de l’Antiquité tardive et de la période mérovingienne.

 

Ainsi, dans le secteur, plusieurs découvertes fortuites, mal localisées, sont attestées dès le XIXe siècle. Néanmoins, les premières « fouilles » de cet ensemble funéraire datent plus certainement du début du siècle dernier. À cette période, plusieurs dizaines de sépultures sont mises au jour. Par la suite, entre 1928 et 1935, A. Thiérot et G. Arrouart fouillent plus de 220 sépultures. Ces investigations donnent lieu à la première publication documentée. Le nombre total de sépultures est alors estimé à 280. Certaines ont délivré un riche mobilier qui a été déposé dans différents musées. Le mobilier recueilli indique que cet espace funéraire fut essentiellement utilisé entre le milieu du Ve siècle et la fin du VIIe siècle. La fouille de 2013 a permis de découvrir environ 150 sépultures supplémentaires et complète l’échantillon du siècle dernier. La phase de post-fouille est actuellement en cours. Aujourd’hui encore, bon nombre d’objets découverts lors de fouilles anciennes sont conservés au Musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye et au Musée d’Épernay. Ce mobilier est accompagné de plusieurs documents d’archives. L’état de conservation global est bon. Du mobilier est également conservé au Musée de Châlons-en-Champagne. Des notes manuscrites et des photos des fouilles anciennes sont consultables, notamment aux Archives départementales de la Marne.

 

Les premières vérifications croisées du mobilier, des documents d’archives, des descriptions et du plan publié en 1940 permettent d’être optimiste : il est possible d’associer le mobilier aux différentes sépultures. Le travail actuel autorise une nouvelle lecture des données anciennes à partir des critères scientifiques modernes. À terme, il est donc possible d’envisager un phasage et une étude complète de la nécropole. Parallèlement, nous voyons là l’occasion de traiter certains thèmes qui n’avaient pas été abordés auparavant (organisation de l’espace funéraire en général, modes d’inhumation, gestes funéraires, pillages, contexte de la nécropole, etc.).

 

Les résultats de cette étude devront être présentés dans le cadre d’une publication exhaustive du site. Cela présente un intérêt scientifique important pour une nécropole qui, avec plus de 400 sépultures identifiées à ce jour, constitue un témoignage significatif à l’échelle régionale.

 

De plus, au-delà de l’aspect scientifique, il est possible d’envisager à terme, en partenariat avec les différentes institutions conservant le mobilier, une valorisation de l’ensemble du gisement, fouilles anciennes et Éveha réunies, à travers notamment l’exposition de ce mobilier.

 

L’objectif de l’année 2015, la première du projet, est de réaliser un inventaire détaillé et exhaustif du mobilier et de la documentation issus des fouilles anciennes, d’une part pour l’intégrer au rapport final de l’opération préventive de 2013, et d’autre part pour s’en servir de base pour le montage du projet d’étude exhaustif du mobilier par une équipe pluridisciplinaire de spécialistes.