Relevés et sondages des sites sidérurgiques de la forêt de Sillé-le-Guillaume (Sarthe)

Étude d'une zone de production sidérurgique antique

Présentation

Localisation et contexte

 

La forêt de Sillé-le-Guillaume est un vaste domaine forestier public de plus de 3 300 ha. Elle recouvre un pli du Massif armoricain formant, pour ce secteur, la limite entre les départements de la Mayenne et de la Sarthe. Les agents de l’ONF ont signalé des amas de scories à partir du début des années 2000 dans la partie orientale du massif. Les prospections réalisées entre 2003 et 2008 ont permis de dresser la carte de ces sites. Un des ateliers identifiés, situé dans la parcelle de Roche Brune sur la commune de Pezé-le-Robert, a été fouillé de 2006 à 2009. Cette fouille a permis de mettre au jour un atelier de réduction du minerai de fer d’époque romaine, constitué de deux bas fourneaux protégés par un bâtiment sur poteaux plantés. Cette officine, spécialisée dans le traitement du minerai, a fonctionné durant les deux premiers siècles de notre ère, probablement durant environ un siècle, entre 70 et 170. Durant ce laps de temps, la masse de métal produite est estimée à plus de 2 000 t. Il s’agit donc d’une production exclusive, massive, intensive et bien organisée.

 

 

Problématique et questionnements

 

L’atelier de Roche Brune fait partie d’un ensemble d’une vingtaine d’unités comparables situées en milieu forestier et protégés des travaux agricoles par le couvert boisé. Ces sites présentent donc généralement un bon état de conservation autorisant la restitution de l’organisation des amas de scories (i. e. ferriers) – liée à la position de l’atelier – et leur volume – proportionnelle à la quantité de minerai traité. En outre, les tas de déchets renferment couramment des tessons de céramique et du charbon permettant de dater le fonctionnement des ateliers. Ainsi des opérations de relevés topographiques couplés à des sondages restreints permettent d’acquérir en un temps limité l’ensemble des données nécessaires à l’étude de cet ensemble. Ces opérations visent à fournir les informations suivantes :
– établir la datation, le volume et la masse de chaque ferrier afin de produire une carte phasée de la production ;
– restituer l’organisation des amas afin d’approcher celles des ateliers et ainsi percevoir leur modalité d’implantation ;
– établir, grâce à des analyses de composition élémentaires, la qualité des opérations (rendement du processus de réduction), la quantité de métal produit et l’origine des matières premières (filiation minerai scories et traçabilité de ce dernier).

La zone de production sidérurgique de Sillé est bordée au nord par une villa antique qui fait l’objet d’un programme de fouille pluriannuel. Cet établissement est très probablement lié à la production sidérurgique. L’étude conjointe de la villa et de la zone de production participe d’une approche globale de ce terroir antique.