Habitats ruraux médiévaux et modernes en Franche-Comté

Prospections et des relevés topographiques et géophysiques

Présentation

Les acquis scientifiques de la recherche archéologique en Franche-Comté ont été importants dans de nombreux domaines, comme le montrent les différentes contributions thématiques développées dans le récent bilan scientifique 1995-2005 du Service régional de l’archéologie, en revanche la connaissance sur les habitats ruraux du Moyen Âge central et du Bas moyen Âge n’a guère progressé. Si l’on compare avec le haut Moyen Âge, le bilan consacré à cette période montre des avancées significatives dans la connaissance des habitats ruraux et des contextes, ce qui n’est pas le cas pour le Moyen Âge qui apparaît comme un des points faibles de l’archéologie franc-comtoise.  Aujourd’hui, l’habitat rural médiéval en Franche-Comté reste un objet d’étude absent de la recherche archéologique programmée. Seule, l’archéologie préventive, au gré des découvertes effectuées lors de diagnostics, et plus rarement de fouilles, alimente ce thème. Toutefois il convient de souligner que les surfaces étudiées restent réduites et les noyaux d’habitats identifiés appartenant à des ensembles plus vastes, qui échappent à la connaissance, difficiles à interpréter et à replacer dans leur environnement humain. Le dossier général est donc lacunaire et les données éparses.

 

Si on tient compte des 5 sites du Moyen Âge central déjà répertoriés et des sites de Glanot et Villers-le-Sec, on dispose aujourd’hui d’un corpus d’une vingtaine de sites d’habitats révélés par des opérations archéologiques. La nature des vestiges mis au jour, s’apparente pour la plus grande majorité d’entre eux, à des petits noyaux d’habitats localisés en milieu rural et surtout péri-urbain, caractérisés pour l’essentiel par des structures excavées et fossoyées. A l’exception des opérations régulières entreprises sur les communes de Bourogne et Châtenois-les-Forges, qui alimentent essentiellement les problématiques et le débat sur les origines du village, force est de constater que le reste des opérations est éparpillé à travers la région, sans véritable fil conducteur.

 

En l’état actuel, il existe bien des données archéologiques disponibles sur l’habitat rural médiéval mais elles sont fragmentaires et les problématiques recoupées multiformes. Il est donc difficile d’aller au delà d’un simple recensement. Les divers constats dressés à l’occasion de l’établissement du bilan décennal 1995-2005 ou lors des bilans interrégionaux de la CIRA soulignent bien les carences dans ce domaine de la recherche.

 

Partant du constat qu’il était possible de solliciter les sources écrites pour alimenter le sujet, nous avons entrepris une enquête régionale sur les habitats ruraux médiévaux disparus mentionnés dans les sources écrites. Puis, une fois les données collectées nous avons fait appel aux fonds cartographiques pour tenter de localiser les habitats répertoriés à partir d’une enquête microtoponymique, avant de procéder à des reconnaissances sur le terrain. Le corpus, initialement composé d’une vingtaine d’occurrences issues des opérations archéologiques, a été considérablement enrichi par cette enquête sur les habitats ruraux médiévaux disparus en Franche-Comté. De nouvelles occurrences se sont ajoutées soit au final un bilan provisoire d’une cinquantaine de sites d’habitats ruraux médiévaux.

 

Cette enquête a puisé l’essentielle de sa substance dans des travaux réalisés à l’université de Franche-Comté, poursuivi dans le cadre du groupe de recherches historiques sur le comté de Bourgogne (Franche-Bourgogne). Il convient ici de rappeler que dans cette région, hormis la fouille de sauvetage d’une maison de Glanotet les données fragmentaires issues des opérations archéologiques préventives, les types de bâti, d’organisation spatiale et d’environnement des sites d’habitats ruraux médiévaux sont peu documentés, voir inconnus. Il n’existe pas de site référentiel contrairement à d’autres régions limitrophes, comme par exemple la Bourgogne où les données sont issues à la fois de l’archéologie programmée et préventive.