{"id":12698,"date":"2026-10-07T10:49:32","date_gmt":"2026-10-07T08:49:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eveha.fr\/?p=12698"},"modified":"2026-10-07T10:49:32","modified_gmt":"2026-10-07T08:49:32","slug":"gray-70-6-rue-pigalle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/2026\/10\/07\/gray-70-6-rue-pigalle\/","title":{"rendered":"GRAY (70) \u2013 6, rue Pigalle"},"content":{"rendered":"\n<p>L&rsquo;\u00e9tude de b\u00e2ti r\u00e9alis\u00e9e sur le site de Gray (70) au <em>6, rue Pigalle<\/em> a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le bureau d\u2019\u00e9tudes \u00c9veha, sous la responsabilit\u00e9 de Florent Tourneau, dans le cadre du projet d\u2019am\u00e9nagement port\u00e9 par la ville de Gray. Les investigations arch\u00e9ologiques ont permis de mettre au jour <strong>des vestiges dat\u00e9s du Moyen \u00c2ge<\/strong> <strong>et des \u00e9poques moderne et contemporaine.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Objectifs scientifiques<\/h4>\n\n\n\n<p>Les objectifs scientifiques concernaient toute la tour du \u00ab Parvis \u00bb ou du \u00ab Paravis \u00bb. Son <strong>\u00e9tude exhaustive<\/strong> devait mettre en exergue la <strong>chronologique relative de la construction<\/strong> et permis d&rsquo;<strong>\u00e9tablir les diff\u00e9rentes phases constructives<\/strong> et par cons\u00e9quent d\u2019<strong>identifier les transformations et les am\u00e9nagements <\/strong>du<strong> <\/strong>monument originel. <\/p>\n\n\n\n<p>Chaque phase a \u00e9t\u00e9 localis\u00e9e dans un atlas iconographique g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par plusieurs techniques, dont la <strong>photogramm\u00e9trie<\/strong>. Une <strong>\u00e9tude trac\u00e9ologique<\/strong> a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur toutes les traces visibles. Des <strong>pr\u00e9l\u00e8vements localis\u00e9s<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s dans le but de pr\u00e9ciser la chronologie et les mat\u00e9riaux de construction employ\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019\u00e9tude arch\u00e9ologique du b\u00e2ti du monument, l&rsquo;op\u00e9ration devait permettre d\u2019<strong>abonder le projet de restitution de la toiture<\/strong> dans le cadre de la restauration du b\u00e2timent. Ainsi, et dans ce dessein, les diff\u00e9rents \u00e9tats successifs identifiables de la tour, y compris les structures souterraines et couvertures aujourd\u2019hui inaccessibles ou disparues, si celles-ci ont pu \u00eatre identifi\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9es. Toute trace utile dans le cadre de la <strong>restitution d\u2019une ancienne couverture<\/strong> a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une argumentation illustr\u00e9e par l\u2019existence de sources ou de traces mat\u00e9rielles concordantes. Les r\u00e9sultats ont ainsi fait l\u2019objet d\u2019une <strong>repr\u00e9sentation graphique d\u00e9taill\u00e9e<\/strong> de l\u2019\u00e9tat de r\u00e9f\u00e9rence (sections, modes d&rsquo;assemblage de la charpente, type de couverture), en vue de sa reconstruction.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-1-pour-notice-Florent-TOURNEAU.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12937\" style=\"width:576px;height:768px\" width=\"576\" height=\"768\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-1-pour-notice-Florent-TOURNEAU.jpg 576w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-1-pour-notice-Florent-TOURNEAU-225x300.jpg 225w\" sizes=\"(max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 1 : Vue de la fa\u00e7ade occidentale. Cr\u00e9dit : GEOBOA, 2022.<br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Interpr\u00e9tation chrono-architecturale de la Tour du Paravis<\/h4>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019issue des diff\u00e9rentes campagnes de terrain, les donn\u00e9es recueillies permettent de proposer une <strong>chronologie relative coh\u00e9rente de l\u2019\u00e9volution architecturale<\/strong> de la Tour du Paravis. Malgr\u00e9 les nombreuses transformations qu\u2019a connu l\u2019\u00e9difice au cours de son histoire, les observations r\u00e9alis\u00e9es sur les \u00e9l\u00e9vations, les ma\u00e7onneries et les am\u00e9nagements conserv\u00e9s r\u00e9v\u00e8lent une succession de phases relativement lisible, articul\u00e9e autour de <strong>trois grandes p\u00e9riodes<\/strong> : m\u00e9di\u00e9vale, moderne et contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"724\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-2-pour-notice_compressed-Florent-TOURNEAU.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12939\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-2-pour-notice_compressed-Florent-TOURNEAU.jpg 1024w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-2-pour-notice_compressed-Florent-TOURNEAU-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-2-pour-notice_compressed-Florent-TOURNEAU-768x543.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 2 : Vues \u00e9clat\u00e9es des int\u00e9rieurs avec une hypoth\u00e8se de restitution de la charpente. Cr\u00e9dit : \u00c9veha, 2026.<br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;\u00e9tat m\u00e9di\u00e9val : une tour-porte largement conserv\u00e9e<\/h4>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude montrent que la Tour du Paravis conserve l\u2019essentiel de son volume et de ses dispositions originelles. L\u2019analyse des ma\u00e7onneries indique une <strong>construction particuli\u00e8rement homog\u00e8ne<\/strong>, attribuable au <strong>Moyen \u00c2ge central<\/strong>, vraisemblablement au cours des 13e ou<sup> <\/sup>14e si\u00e8cles. <\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9l\u00e9vations ext\u00e9rieures, comme les parements internes, t\u00e9moignent d&rsquo;une <strong>campagne de construction unique<\/strong> ou, \u00e0 tout le moins, d&rsquo;un <strong>projet architectural fortement coh\u00e9rent<\/strong>. Les principales caract\u00e9ristiques d\u00e9fensives de l&rsquo;\u00e9difice demeurent aujourd&rsquo;hui lisibles, malgr\u00e9 les alt\u00e9rations intervenues au cours des si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p>Au niveau du rez-de-chauss\u00e9e, <strong>plusieurs dispositifs associ\u00e9s<\/strong> au contr\u00f4le de l&rsquo;acc\u00e8s sont encore conserv\u00e9s. La feuillure de la herse demeure parfaitement identifiable, tout comme les crapaudines destin\u00e9es \u00e0 recevoir les gonds ou pivots de la porte charreti\u00e8re. <strong>L&rsquo;\u00e9paisseur consid\u00e9rable des murs<\/strong>, pr\u00e9serv\u00e9e sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation, constitue \u00e9galement un <strong>t\u00e9moin majeur de la fonction d\u00e9fensive de l&rsquo;ouvrage<\/strong>. Les dispositifs de d\u00e9fense active sont eux aussi largement conserv\u00e9s. Trois arch\u00e8res demeurent visibles dans les fa\u00e7ades, dont deux au premier \u00e9tage. Leurs dispositions et leurs caract\u00e9ristiques architecturales permettent encore d&rsquo;appr\u00e9hender le <strong>fonctionnement d\u00e9fensif de la tour.<\/strong> L&rsquo;assommoir am\u00e9nag\u00e9 au-dessus du passage d&rsquo;entr\u00e9e est \u00e9galement conserv\u00e9 dans des <strong>proportions satisfaisantes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au deuxi\u00e8me \u00e9tage, une <strong>arch\u00e8re hagioscopique<\/strong> (petite ouverture ou fen\u00eatre oblique) compl\u00e8te cet ensemble d\u00e9fensif. Ce niveau pr\u00e9sente un <strong>\u00e9tat de conservation particuli\u00e8rement favorable \u00e0 la lecture arch\u00e9ologique<\/strong>, puisqu&rsquo;il a conserv\u00e9 ses quatre fen\u00eatres m\u00e9di\u00e9vales. Les ma\u00e7onneries y apparaissent <strong>peu perturb\u00e9es par les transformations ult\u00e9rieures<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"724\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-3-Florent-TOURNEAU.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12940\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-3-Florent-TOURNEAU.jpg 1024w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-3-Florent-TOURNEAU-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-3-Florent-TOURNEAU-768x543.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 3&nbsp;: Hypoth\u00e8se de restitution du plancher du 3\u1d49 \u00e9tage de la Tour du Paravis. Cr\u00e9dit : \u00c9veha, 2026.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Bien que plus fortement remani\u00e9, le dernier niveau conserve plusieurs \u00e9l\u00e9ments essentiels \u00e0 la compr\u00e9hension du <strong>couronnement d\u00e9fensif de l&rsquo;\u00e9difice<\/strong>. Les vestiges de l&rsquo;encorbellement supportant les m\u00e2chicoulis sont encore perceptibles, notamment par l&rsquo;interm\u00e9diaire de <strong>plusieurs consoles en pierre de Mantoche<\/strong> demeur\u00e9es en place. Ces \u00e9l\u00e9ments permettent de restituer, avec une relative pr\u00e9cision, l&rsquo;<strong>organisation g\u00e9n\u00e9rale de la d\u00e9fense sommitale<\/strong>. L&rsquo;un des apports majeurs de l&rsquo;\u00e9tude r\u00e9side \u00e9galement dans l&rsquo;<strong>identification de nombreux n\u00e9gatifs de poutraison<\/strong>. Ces am\u00e9nagements correspondent aux r\u00e9servations m\u00e9nag\u00e9es dans les ma\u00e7onneries pour recevoir les pi\u00e8ces de charpente ou de plancher. Leur r\u00e9partition apporte des <strong>informations essentielles sur l&rsquo;organisation du dernier niveau<\/strong> et sur la structure des planchers m\u00e9di\u00e9vaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les observations r\u00e9alis\u00e9es au sommet de l&rsquo;\u00e9difice ont \u00e9galement permis d&rsquo;<strong>identifier plusieurs blocs architectur\u00e9s particuli\u00e8rement singuliers<\/strong>. Conserv\u00e9s principalement sur les arases occidentale et orientale, ces blocs en pierre de Mantoche pr\u00e9sentent un <strong>\u00e9videment longitudinal<\/strong> \u00e9voquant une rainure ou un canal. Leur liaison directe avec les ma\u00e7onneries m\u00e9di\u00e9vales, tant par leur position que par leur association avec le mortier de construction originel, sugg\u00e8re fortement qu&rsquo;ils appartiennent \u00e0 l&rsquo;<strong>\u00e9tat initial de l&rsquo;\u00e9difice<\/strong>. D&rsquo;autres exemplaires similaires ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s sur les arases septentrionale et m\u00e9ridionale. Toutefois, leur positionnement et leur mise en \u0153uvre indiquent clairement qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 remploy\u00e9s lors d&rsquo;interventions post\u00e9rieures.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, <strong>plusieurs \u00e9videments circulaires observ\u00e9s<\/strong> dans les parements internes pourraient correspondre \u00e0 des <strong>dispositifs d&rsquo;ancrage destin\u00e9s \u00e0 recevoir des \u00e9l\u00e9ments en bois <\/strong>aujourd&rsquo;hui disparus. Leur <strong>organisation spatiale<\/strong>, associ\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence des blocs rainur\u00e9s, conduit \u00e0 <strong>envisager l&rsquo;existence d&rsquo;une structure charpent\u00e9e complexe<\/strong> dont certains t\u00e9moins seraient encore conserv\u00e9s. Cette interpr\u00e9tation demeure toutefois hypoth\u00e9tique en l&rsquo;absence de vestiges plus explicites.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son \u00e9tat m\u00e9di\u00e9val, la tour appara\u00eet donc comme <strong>un ouvrage d\u00e9fensif remarquablement conserv\u00e9<\/strong>, dont l&rsquo;essentiel de l&rsquo;organisation architecturale demeure encore perceptible.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les transformations de l&rsquo;\u00c9poque moderne<\/h4>\n\n\n\n<p>La lecture arch\u00e9ologique des <strong>interventions attribuables \u00e0 la p\u00e9riode moderne<\/strong> se r\u00e9v\u00e8le beaucoup <strong>plus d\u00e9licate<\/strong>. Les transformations r\u00e9alis\u00e9es <strong>entre les 16e et 18e si\u00e8cles<\/strong> ont laiss\u00e9 relativement <strong>peu de traces directement observables<\/strong> sur l&rsquo;\u00e9difice. Le principal indice mat\u00e9riel identifi\u00e9 est un <strong>mill\u00e9sime dat\u00e9 de 1650<\/strong> grav\u00e9 dans la mont\u00e9e d&rsquo;escalier m\u00e9ridionale. <\/p>\n\n\n\n<p>En dehors de cet \u00e9l\u00e9ment, les observations de terrain n&rsquo;ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que <strong>peu d&rsquo;am\u00e9nagements<\/strong> pouvant \u00eatre attribu\u00e9s avec certitude \u00e0 cette p\u00e9riode. Les sources d&rsquo;archives t\u00e9moignent pourtant d&rsquo;<strong>importantes campagnes de travaux men\u00e9es sur le ch\u00e2teau \u00e0 partir du 18e si\u00e8cle<\/strong>, notamment dans le cadre de sa transformation progressive en r\u00e9sidence de plaisance. Les donn\u00e9es arch\u00e9ologiques sugg\u00e8rent cependant que la Tour du Paravis n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 que <strong>partiellement concern\u00e9e par ces r\u00e9am\u00e9nagements<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Plusieurs modifications<\/strong> pourraient n\u00e9anmoins \u00eatre <strong>rattach\u00e9es \u00e0 cette phase<\/strong>. La <strong>transformation de la fen\u00eatre m\u00e9di\u00e9vale du premier \u00e9tage<\/strong>, sur la fa\u00e7ade septentrionale, <strong>en porte<\/strong> desservant un espace, aujourd&rsquo;hui disparu, pourrait ainsi s&rsquo;inscrire dans cette <strong>logique d&rsquo;ouverture et de r\u00e9organisation des circulations<\/strong>. Toutefois, faute d&rsquo;indices chronologiques suffisamment pr\u00e9cis, cette <strong>attribution demeure hypoth\u00e9tique<\/strong>. <strong>L&rsquo;am\u00e9nagement de l&rsquo;escalier ext\u00e9rieur m\u00e9ridional<\/strong> constitue \u00e9galement un candidat plausible. Son implantation traduit une <strong>volont\u00e9 manifeste d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;accessibilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9difice<\/strong> en substituant au syst\u00e8me d&rsquo;acc\u00e8s m\u00e9di\u00e9val un dispositif plus confortable et davantage <strong>adapt\u00e9 aux usages r\u00e9sidentiels<\/strong>. Cette transformation aurait profond\u00e9ment modifi\u00e9 les circulations internes de la tour. Dans cette m\u00eame dynamique, l<strong>&lsquo;abaissement \u00e9ventuel du mur de courtine septentrional<\/strong> pourrait participer d&rsquo;une volont\u00e9 d&rsquo;<strong>att\u00e9nuer le caract\u00e8re militaire de l&rsquo;ensemble castral <\/strong>au profit d&rsquo;une mise en valeur paysag\u00e8re du domaine. En d\u00e9finitive, les interventions modernes semblent avoir <strong>privil\u00e9gi\u00e9 l&rsquo;adaptation fonctionnelle du monument<\/strong>, sans remettre fondamentalement en cause sa structure m\u00e9di\u00e9vale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"724\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-4-pour-notice-Florent-TOURNEAU.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12942\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-4-pour-notice-Florent-TOURNEAU.jpg 1024w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-4-pour-notice-Florent-TOURNEAU-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Figure-n\u00b0-4-pour-notice-Florent-TOURNEAU-768x543.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 4&nbsp;: Croquis de restitution de l\u2019ancrage du support de la charpente (chevalet) au  3e \u00e9tage de la Tour du Paravis. Cr\u00e9dit : \u00c9veha, 2026.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les remaniements contemporains : une phase particuli\u00e8rement intrusive<\/h4>\n\n\n\n<p>La <strong>p\u00e9riode contemporaine<\/strong> constitue incontestablement <strong>la phase de transformation la plus importante et la plus destructrice de l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00e9difice<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les travaux r\u00e9alis\u00e9s en 1926 ont profond\u00e9ment <strong>affect\u00e9 la lecture arch\u00e9ologique du sommet de la tour<\/strong>. \u00c0 cette date, l&rsquo;\u00e9tat de d\u00e9gradation de la toiture semble avoir conduit les responsables du chantier \u00e0 <strong>privil\u00e9gier une solution radicale<\/strong> consistant \u00e0 <strong>supprimer int\u00e9gralement la charpente ancienne<\/strong>. Cette intervention s&rsquo;est traduite par la <strong>cr\u00e9ation d&rsquo;un toit-terrasse en b\u00e9ton<\/strong>, <strong>l&rsquo;installation d&rsquo;un escalier<\/strong> reliant les niveaux sup\u00e9rieurs ainsi que la <strong>construction d&rsquo;un \u00e9dicule circulaire<\/strong>, destin\u00e9 \u00e0 desservir la terrasse. <strong>La dalle de b\u00e9ton<\/strong> s\u00e9parant actuellement le premier du deuxi\u00e8me \u00e9tage <strong>appartient \u00e9galement \u00e0 cette campagne de travaux<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les cons\u00e9quences de ces am\u00e9nagements ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rables<\/strong>. Outre la <strong>disparition compl\u00e8te de la charpente m\u00e9di\u00e9vale<\/strong>, les travaux ont entra\u00een\u00e9 la <strong>destruction du parapet ainsi que des dispositifs d\u00e9fensifs sommitaux<\/strong>, notamment les merlons et les cr\u00e9neaux. Les arases ont fait l&rsquo;objet de remaniements importants, provoquant le <strong>d\u00e9placement de plusieurs blocs architectur\u00e9s<\/strong>. <strong>Ces interventions<\/strong> limitent aujourd&rsquo;hui fortement les <strong>possibilit\u00e9s de restitution du couronnement m\u00e9di\u00e9val<\/strong> et <strong>compliquent la compr\u00e9hension du syst\u00e8me porteur originel.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les niveaux inf\u00e9rieurs ont \u00e9galement connu d&rsquo;importantes transformations. Au rez-de-chauss\u00e9e, <strong>plusieurs dispositifs d\u00e9fensifs ont disparu<\/strong>, parmi lesquels la herse, les vantaux de fermeture, ainsi que certains \u00e9l\u00e9ments sculpt\u00e9s associ\u00e9s au passage. <strong>Les espaces int\u00e9rieurs des premier et deuxi\u00e8me \u00e9tages ont eux aussi \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment modifi\u00e9s<\/strong>. L&rsquo;ancienne chemin\u00e9e m\u00e9di\u00e9vale a notamment \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par un manteau plus r\u00e9cent, probablement <strong>datable du 19e si\u00e8cle<\/strong>. <strong>Plusieurs ouvertures ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 reprises ou transform\u00e9es<\/strong>. Sur la fa\u00e7ade orientale, l&rsquo;<strong>\u00e9largissement d&rsquo;une fen\u00eatre m\u00e9di\u00e9vale<\/strong> est clairement identifiable gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;un linteau m\u00e9tallique et \u00e0 la <strong>reprise int\u00e9grale des jambages<\/strong>, ainsi que de son appui. Un plan du 19e si\u00e8cle r\u00e9v\u00e8le, par ailleurs, une <strong>importante restructuration interne du premier \u00e9tage<\/strong> avec la cr\u00e9ation de cloisonnements et la <strong>mise en place d&rsquo;un pavement en tommettes<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ces transformations s&rsquo;ajoutent <strong>plusieurs campagnes de rejointoiement et de consolidation des parements<\/strong>, caract\u00e9ris\u00e9es par l&#8217;emploi de mortiers de nature vari\u00e9e, notamment des mortiers au m\u00e2chefer, ais\u00e9ment reconnaissables.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les <strong>am\u00e9nagements les plus r\u00e9cents concernent le rez-de-chauss\u00e9e<\/strong> o\u00f9 des enduits au ciment ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s lors de l&rsquo;adaptation du passage \u00e0 sa fonction actuelle d&rsquo;acc\u00e8s au mus\u00e9e Baron-Martin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Probl\u00e9matiques scientifiques de la post-fouille<\/h4>\n\n\n\n<p>Si les <strong>interventions contemporaines<\/strong> ont ind\u00e9niablement permis d&rsquo;assurer la conservation mat\u00e9rielle de la tour et sa transmission jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, elles ont \u00e9galement provoqu\u00e9 la <strong>disparition d&rsquo;une part importante des informations arch\u00e9ologiques<\/strong>. Les remaniements successifs ont en effet <strong>effac\u00e9 de nombreux indices relatifs aux \u00e9tats anciens de l&rsquo;\u00e9difice<\/strong>, et plus particuli\u00e8rement \u00e0 sa <strong>phase m\u00e9di\u00e9vale<\/strong>, qui constituent pourtant l&rsquo;objet principal de la pr\u00e9sente \u00e9tude. Cette situation impose de <strong>fonder une partie des restitutions propos\u00e9es sur des observations indirectes<\/strong> et sur la <strong>confrontation des donn\u00e9es arch\u00e9ologiques<\/strong>, <strong>architecturales<\/strong> et <strong>documentaires <\/strong>disponibles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9tude de b\u00e2ti r\u00e9alis\u00e9e sur le site de Gray (70) au 6, rue Pigalle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le bureau d\u2019\u00e9tudes \u00c9veha, sous la responsabilit\u00e9 de Florent Tourneau, dans le cadre du projet d\u2019am\u00e9nagement port\u00e9 par la ville de Gray. 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