{"id":4504,"date":"2023-10-22T14:44:41","date_gmt":"2023-10-22T12:44:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eveha.fr\/?p=4504"},"modified":"2023-11-20T11:11:46","modified_gmt":"2023-11-20T10:11:46","slug":"sorigny-37-zac-du-four-a-chaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/2023\/10\/22\/sorigny-37-zac-du-four-a-chaux\/","title":{"rendered":"SORIGNY (37) &#8211; ZAC du Four \u00e0 Chaux"},"content":{"rendered":"\n<p>Les fouilles men\u00e9es sur le site de la ZAC du Four \u00e0 Chaux \u00e0 Sorigny (Indre-et-Loire) ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par le bureau d&rsquo;\u00e9tudes \u00c9veha sous la responsabilit\u00e9 de Florian Sarreste dans le cadre du projet d&rsquo;am\u00e9nagement d\u2019un lotissement par la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00c9quipement de la Touraine pour la commune de Sorigny.  Cette op\u00e9ration a permis de mettre au jour, \u00e0 l\u2019est, une aire fun\u00e9iraire m\u00e9di\u00e9vale, plusieurs concentrations de trous de poteaux et de fosses associ\u00e9es \u00e0 un habitat ouvert de la Protohistoire et, \u00e0 l\u2019ouest, une portion d\u2019un enclos fossoy\u00e9 et une construction ma\u00e7onn\u00e9e attribu\u00e9s \u00e0 un \u00e9tablissement rural de la fin de l\u2019\u00e2ge du Fer ( -260 \u00e0 -25 av. J. -C.) et du d\u00e9but de l\u2019\u00e9poque romaine (1er s. ap. J. -C.), ainsi qu&rsquo;un tron\u00e7on de l&rsquo;ancienne voie reliant Paris  \u00e0 l&rsquo;Espagne.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Pr\u00e9histoire<\/h4>\n\n\n\n<p>Les indices anthropiques les plus anciens mis au jour dans l\u2019emprise correspondent \u00e0 deux bifaces d\u00e9couverts hors contexte. Ils t\u00e9moignent d\u2019une fr\u00e9quentation de cette partie du plateau durant le Pal\u00e9olithique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res traces d\u2019une occupation p\u00e9renne sont attribuables au N\u00e9olithique (-5600 \u00e0 -2100 av. J. -C.) et sont attest\u00e9es par du mobilier c\u00e9ramique et lithique associ\u00e9s \u00e0 des am\u00e9nagements (foyers, fosses et trous de poteaux). Parmi ceux-ci, le plus marquant est <strong>une fosse \u00e0 pierres chauff\u00e9es longue <\/strong>de 17,60&nbsp;m et large de 1,20 \u00e0 1,50&nbsp;m (Fig. 1). Conserv\u00e9 sur une vingtaine de centim\u00e8tres de profondeur, ce creusement \u00e9tait empli d\u2019un d\u00e9p\u00f4t charbonneux et de blocs de calcaire bleuis par la chaleur. Ce type d\u2019am\u00e9nagements est connu r\u00e9gionalement durant le N\u00e9olithique moyen (-4800 \u00e0 -3800 av. J. -C.) et correspond \u00e0 <strong>une structure de cuisson culinaire collective.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"342\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_1.resized.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4505\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_1.resized.jpg 1024w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_1.resized-300x100.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_1.resized-768x257.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 1: Photographie nadirale de la fosse \u00e0 pierre chauff\u00e9e N\u00e9olithique en cours de fouille. Cr\u00e9dit: \u00c9veha, 2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019exemplaire mis au jour \u00e0 la ZAC du Four \u00e0 Chaux est ainsi \u00e0 rapprocher de ceux des sites du Barrage \u00e0 Ports-sur-Vienne (Indre-et-Loire) et de La Grande Sabli\u00e8re \u00e0 Buxerolles (Vienne). Dans ces cas, les structures \u00e9taient inscrites \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un enclos fossoy\u00e9 discontinu. Aucune trace de ce type n\u2019a \u00e9t\u00e9 mise au jour dans l\u2019emprise \u00e9tudi\u00e9e \u00e0 Sorigny mais la question<strong> de la pr\u00e9sence <\/strong>d\u2019un habitat group\u00e9 reste pos\u00e9e. En effet, aux alentours des foyers attribuables au N\u00e9olithique ont \u00e9t\u00e9 mis au jour des fosses d\u2019ancrage de poteau permettant, dans certains cas, de restituer des plans de constructions. \u00c0 l\u2019issue de la fouille, <strong>quatre b\u00e2timents sont clairement perceptibles. <\/strong>Il s\u2019agit dans tous les cas de b\u00e2timents allong\u00e9s et \u00e9troits constitu\u00e9s d\u2019un module porteur principal sur six \u00e0 huit poteaux. Leur longueur varie de 11 \u00e0 15&nbsp;m environ pour des largeurs de 3,70 \u00e0 5&nbsp;m. D\u2019autres plans seront sans doute mis en \u00e9vidence lors de l\u2019analyse d\u00e9taill\u00e9e des nombreuses concentrations de trous de poteaux reconnues en divers points de l\u2019emprise. Ces b\u00e2timents ne sont pour l\u2019instant pas dat\u00e9s avec certitude. Ils pourraient \u00eatre li\u00e9s \u00e0 l\u2019occupation pr\u00e9historique ou protohistorique. <strong>Des datations par le radiocarbone seront n\u00e9cessaires afin d\u2019\u00e9tablir la chronologie de ces constructions et la distinction d\u2019une ou plusieurs phases d\u2019occupation.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La fin de l&rsquo;\u00e2ge du Fer<\/h4>\n\n\n\n<p>Dans la partie occidentale de l\u2019emprise a \u00e9t\u00e9 mise au jour une portion d\u2019<strong>un \u00e9tablissement rural <\/strong>dont la cr\u00e9ation peut \u00eatre situ\u00e9e dans la seconde moiti\u00e9 du deuxi\u00e8me \u00e2ge du Fer (-260 \u00e0 -25 av. J.- C.). Il est mat\u00e9rialis\u00e9 par un <strong>enclos fossoy\u00e9 quadrangulaire<\/strong> d\u2019au moins 56&nbsp;m par 27&nbsp;m ouvert dans son angle nord-est. Cette enceinte fossoy\u00e9e se poursuit sur une distance ind\u00e9termin\u00e9e hors de la zone \u00e9tudi\u00e9e sous la route d\u00e9partementale D910. Il est cependant possible de postuler une forme proche du carr\u00e9 et donc une surface enceinte de l\u2019ordre 2&nbsp;500&nbsp;m\u00b2.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet enclos semble succ\u00e9der \u00e0 un habitat ouvert dont t\u00e9moigneraient des constructions situ\u00e9es \u00e0 sa p\u00e9riph\u00e9rie mais \u00e9galement deux alignements de fosses circulaires au remplissage charbonneux, interpr\u00e9t\u00e9es comme de possibles silos. Ce point sera \u00e0 confirmer lors des \u00e9tudes \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Plusieurs plans de b\u00e2timents ont \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019enclos. <\/strong>Ils sont form\u00e9s par quatre trous de poteaux dispos\u00e9s en carr\u00e9 et distant les uns des autres de 3 \u00e0 5&nbsp;m. Les pi\u00e8ces de bois utilis\u00e9es pour leur \u00e9dification pr\u00e9sentent des diam\u00e8tres compris entre 30 et 50 cm. Ces troncs ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s dans des creusements de plus d\u20191&nbsp;m de diam\u00e8tre et de profondeur. Ce mode de construction est connu localement sur les sites de La Pi\u00e8ce des Viviers et de Montison \u00e0 Sorigny mais aussi sur de nombreux sites de La T\u00e8ne finale (-120 \u00e0 -25 av. J.- C.) du nord de la Gaule. Il renvoie g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0<strong> des b\u00e2timents \u00e0 parois rejet\u00e9es dont la surface couverte exc\u00e8de largement celle du module porteur central. <\/strong>Quatre de ces \u00e9difices sont dispos\u00e9s le long du foss\u00e9 d\u2019enclos oriental. Le comblement de ce dernier a livr\u00e9 des ossements d&rsquo;animaux ainsi que des tessons de c\u00e9ramique indiquant des rejets domestiques. Ces d\u00e9p\u00f4ts permettent de supposer qu\u2019au moins une des constructions proches correspond \u00e0 une habitation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;\u00e9poque romaine<\/h4>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tablissement rural de l\u2019\u00e2ge du Fer conna\u00eet plusieurs phases de refonte. L\u2019enclos d\u2019origine lat\u00e9nienne est condamn\u00e9 au d\u00e9but du 1&nbsp;<sup>er<\/sup> si\u00e8cle ap. J.-C et remplac\u00e9 par <strong>une enceinte plus vaste <\/strong>dont seuls quelques tron\u00e7ons ont pu \u00eatre reconnus dans l\u2019emprise fouill\u00e9e. Celle-ci ferait au moins 52&nbsp;m de long sur 70&nbsp;m de large et se poursuit vers l\u2019ouest sur une distance ind\u00e9termin\u00e9e. Sa surface pourrait atteindre 5&nbsp;000 m\u00b2.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 une date encore incertaine, <strong>une vaste construction ma\u00e7onn\u00e9e quadrangulaire,<\/strong> large d\u2019au moins 30&nbsp;m, est install\u00e9e au centre de l\u2019enclos fossoy\u00e9 d\u00e9crit ci-dessus (Fig. 2). Son plan est incomplet, mais il est probable qu\u2019elle adopte une forme carr\u00e9e. Ce b\u00e2timent, num\u00e9rot\u00e9 2, occuperait donc 900&nbsp;m\u00b2. Ancr\u00e9es dans le sols sur 40 \u00e0 50&nbsp;cm de profondeur, ses fondations, larges de 70 \u00e0 85&nbsp;cm, devaient supporter des murs hauts de plusieurs m\u00e8tres. Plusieurs sections de fondations plus l\u00e9g\u00e8res dispos\u00e9es perpendiculairement aux murs p\u00e9rim\u00e9triques t\u00e9moignent d\u2019un partitionnement interne. Ce dernier a toutefois \u00e9tait en grande partie effac\u00e9 par le creusement d\u2019une vaste fosse d\u2019extraction de calcaire perc\u00e9e l\u00e0 dans la seconde moiti\u00e9 du 19e s.. L\u2019interpr\u00e9tation a donn\u00e9 \u00e0 cet \u00e9difice reste incertaine. Sa taille et le soin apport\u00e9 \u00e0 sa construction en d\u00e9montrent <strong>l\u2019importance au sein de l\u2019exploitation. En l\u2019\u00e9tat des d\u00e9couvertes, il n\u2019est toutefois pas possible de statuer sur son r\u00f4le (portion de la r\u00e9sidence ou vocation agro-pastorale&nbsp;?).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1023\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_3.resized.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4506\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_3.resized.jpg 1023w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_3.resized-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_3.resized-768x577.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 2: Photographie nadirale du b\u00e2timent 2. Cr\u00e9dit: \u00c9veha, 2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Par la suite, le foss\u00e9 septentrional de l\u2019enclos antique est partiellement remplac\u00e9 par un mur auquel est adoss\u00e9 une petite construction de 12 par 8 m. Le b\u00e2timent 1 est connect\u00e9 \u00e0 son voisin par deux sections de mur et s\u00e9par\u00e9 du reste de la cour par une palissade. Comme pour l\u2019\u00e9difice 2, les fondations sont larges et puissantes. Celles-ci se distinguent toutefois par la pr\u00e9sence \u00e0 leur affleurement d\u2019un lit de mortier de tuileau. Le b\u00e2timent 1 est partitionn\u00e9 en cinq espaces (Fig. 3). Le plus vaste abrite, dans sa partie m\u00e9ridionale, une structure de combustion quadrangulaire install\u00e9e le long du mur de refend et pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une fosse de travail. Interpr\u00e9t\u00e9e dans un premier temps comme un possible s\u00e9choir\/fumoir, celle-ci pourrait correspondre \u00e0 <strong>un <em>praefurnium<\/em><\/strong>. En effet, les niveaux de d\u00e9molition associ\u00e9s \u00e0 ce b\u00e2timent ainsi que le puits situ\u00e9 imm\u00e9diatement au sud, ont livr\u00e9 de nombreux fragments de <em>tubuli<\/em> et de briques, t\u00e9moignant de la pr\u00e9sence d\u2019un syst\u00e8me de chauffage par le sol. M\u00eal\u00e9s \u00e0 ces terres cuites architecturales, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts des fragments d\u2019enduits peints, dont certains \u00e0 d\u00e9cor floral, ainsi que des \u00e9l\u00e9ments de placages de calcaire blanc. Ces derniers sont en tout point similaires \u00e0 ceux provenant de la partie thermale du b\u00e2timent du Pr\u00e9 de La Fosse\/Le Clavaux \u00e0 Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire). L\u00e0-aussi, la fonction du b\u00e2timent est difficile \u00e0 \u00e9tablir. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1023\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_4.resized.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4507\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_4.resized.jpg 1023w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_4.resized-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_4.resized-768x577.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 3: Photographie nadirale du b\u00e2timent 1. Cr\u00e9dit: \u00c9veha, 2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Une cave non ma\u00e7onn\u00e9e<\/strong> est situ\u00e9e imm\u00e9diatement \u00e0 proximit\u00e9 de son angle nord-est et trois autres ont \u00e9t\u00e9 localis\u00e9es au sud. Ces r\u00e9serves excav\u00e9es pourraient accr\u00e9diter une vocation domestique. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un puits <\/strong>situ\u00e9 \u00e0 moins de 5&nbsp;m au sud du b\u00e2timent 1 pourrait avoir assur\u00e9 l\u2019approvisionnent de ses occupants. Cette structure profonde a \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9e int\u00e9gralement \u00e0 la main. Outre les \u00e9l\u00e9ments architectoniques \u00e9voqu\u00e9s plus haut, son remplissage inf\u00e9rieur, rest\u00e9 en eau, a livr\u00e9 <strong>une grande quantit\u00e9 d\u2019ossements animaux et de mat\u00e9riaux organiques parmi lesquels bois, cuir, fruits \u00e0 coques, noyaux, p\u00e9pins, graines et pollens.<\/strong> L\u2019\u00e9tude de ces restes apportera des donn\u00e9es pr\u00e9cieuses sur l\u2019environnement du site mais aussi sur la consommation des habitants de l\u2019\u00e9tablissement.<\/p>\n\n\n\n<p>Un second puits, situ\u00e9 \u00e0 12&nbsp;m au sud du premier, le long du mur oriental du b\u00e2timent 2 a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9 enti\u00e8rement. Il \u00e9tait en tr\u00e8s grande partie combl\u00e9 de gros blocs de calcaire provenant probablement du d\u00e9mant\u00e8lement de l\u2019\u00e9difice tout proche. <strong>Ces deux puits, comme les quatre petites caves mises au jour, ont livr\u00e9 un mobilier c\u00e9ramique permettant de dater leur abandon de la fin du 1er s. ap. J.-C..<\/strong> Rien ne permet pour le moment d\u2019\u00e9tablir la p\u00e9rennit\u00e9 de l\u2019\u00e9tablissement au-del\u00e0 de ce si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le haut Moyen \u00c2ge<\/h4>\n\n\n\n<p>Quelques tessons du haut Moyen \u00c2ge d\u00e9couverts en surface des constructions antiques pourraient t\u00e9moigner de la fr\u00e9quentation ou de la r\u00e9cup\u00e9ration des ruines des \u00e9difices d\u2019\u00e9poque romaine. Cette r\u00e9cup\u00e9ration est peut-\u00eatre li\u00e9e \u00e0 un habitat dont la <strong>zone s\u00e9pulcrale<\/strong> a \u00e9t\u00e9 mise au jour en limite orientale de l\u2019emprise, \u00e0 environ 130&nbsp;m de l\u2019\u00e9tablissement rural antique. Seules deux s\u00e9pultures sur les 44 mises au jour ont fait l\u2019objet d\u2019une datation pour l\u2019instant. Celles-ci sont dat\u00e9es des 8e &#8211; 9e si\u00e8cles pour l\u2019une et des 9e -10e si\u00e8cles pour l\u2019autre. Les analyses \u00e0 venir permettront sans doute de pr\u00e9ciser, voire d\u2019\u00e9largir, la p\u00e9riode de fonctionnement de cette aire fun\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les inhumations sont, \u00e0 deux exceptions pr\u00e8s, orient\u00e9es et la t\u00eate du d\u00e9funt est plac\u00e9e \u00e0 l\u2019ouest. Le fort \u00e9tat d\u2019arasement d\u2019une partie des tombes laisse supposer que d\u2019autres ont sans doute disparu. En outre, il est probable que la zone d\u2019inhumation se poursuive vers l\u2019est hors de l\u2019emprise prescrite. Malgr\u00e9 ces lacunes et incertitudes, il est n\u00e9anmoins possible de discerner <strong>une organisation en L<\/strong> form\u00e9e par cinq alignements au sud et quatre rang\u00e9es au nord. Trois s\u00e9pultures, implant\u00e9es au sud-ouest du groupe principal, se distinguent de ce sch\u00e9ma. La disposition g\u00e9n\u00e9rale \u00e9voque cependant <strong>le d\u00e9veloppement de l\u2019aire fun\u00e9raire autour d\u2019un am\u00e9nagement situ\u00e9 dans l\u2019angle form\u00e9 par le L ou au carrefour de chemins passant \u00e0 l\u2019ouest et au sud. <\/strong>Seule une intervention compl\u00e9mentaire vers l\u2019est permettrait de trancher entre ces deux possibilit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"471\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_5.resized.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4508\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_5.resized.jpg 1024w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_5.resized-300x138.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_5.resized-768x353.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 4: Photographie nadirale d&rsquo;une s\u00e9pulture m\u00e9di\u00e9vale. Cr\u00e9dit: \u00c9veha, 2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tat de conservation des ossements \u00e9taient moyen \u00e0 tr\u00e8s m\u00e9diocre (fig.4) et les observations biologiques sur le terrain ont \u00e9t\u00e9 difficiles \u00e0 \u00e9tablir. L\u2019\u00e9tude des restes osseux est \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La fin du Moyen \u00c2ge et l&rsquo;\u00e9poque moderne<\/h4>\n\n\n\n<p>Dans la partie occidentale de l\u2019emprise fouill\u00e9e, deux foss\u00e9s parall\u00e8les distants en moyenne de 17&nbsp;m encadre une bande de roulement de 7 \u00e0 8 m de large constitu\u00e9e d\u2019un remblai limoneux gris renforc\u00e9e ponctuellement d\u2019empierrements de blocs de calcaire (Fig. 5). Cette couche a livr\u00e9 de nombreux objets m\u00e9talliques parmi lesquels des ferrures animales attribuables au Moyen \u00c2ge et \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne. La largeur de la voie et de l\u2019espace qui lui est d\u00e9di\u00e9e constituent la marque de son importance. <strong>Cette route appara\u00eet sur l\u2019atlas Trudaine, \u00e9tabli dans le dernier quart du 18e si\u00e8cle.<\/strong> Elle constitue la voie principale entre Montbazon et Sorigny et, plus loin, entre Tours et Poitiers, avant la refonte de cette section \u00e0 partir de 1754. C\u2019est \u00e0 partir de cette date que sont engag\u00e9s les travaux de ce qui deviendra la RN10 puis l\u2019actuelle RD910. La portion mise au jour correspond donc \u00e0<strong> l\u2019ancien chemin reliant Paris \u00e0 l\u2019Espagne<\/strong>, voie emprunt\u00e9 par Louis XIV en mai 1660 pour se rendre \u00e0 son mariage \u00e0 Saint-Jean-de-Luz. Ce trac\u00e9, encore perceptible dans le parcellaire du cadastre du d\u00e9but du 19e s. reprend sans doute un itin\u00e9raire plus ancien, dont l\u2019origine ne peut \u00eatre clairement situ\u00e9e. Un h\u00e9ritage antique peut toutefois \u00eatre exclu car les foss\u00e9s bordiers recoupent les am\u00e9nagements li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement rural d\u2019\u00e9poque romaine. Il est plus probable que la cr\u00e9ation de cet itin\u00e9raire soit contemporaine de la mise en place des bourgs m\u00e9di\u00e9vaux, \u00e0 la fin du haut Moyen \u00c2ge.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_6.resized.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4509\" style=\"width:674px;height:506px\" width=\"674\" height=\"506\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_6.resized.jpg 1023w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_6.resized-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_6.resized-768x577.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 674px) 100vw, 674px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 5: Photographie oblique du chemin moderne au premier plan. Cr\u00e9dit: \u00c9veha, 2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u00c9poque contemporaine<\/h4>\n\n\n\n<p>Les traces les plus r\u00e9centes enregistr\u00e9es correspondent \u00e0 de vastes creusements li\u00e9s \u00e0 l\u2019extraction du calcaire en vue de son traitement dans le four \u00e0 chaux install\u00e9 au nord de Sorigny en 1857 et actif jusqu\u2019en 1914. Ce dernier est toujours visible au sud de l\u2019emprise prescrite pour la fouille et explique l\u2019appellation du futur am\u00e9nagement. Seules deux de ces carri\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 sond\u00e9es lors du diagnostic et de la fouille. Il est n\u00e9anmoins important de prendre en consid\u00e9ration l\u2019impact de ces excavations sur les vestiges ant\u00e9rieurs. Ces exploitations ont d\u00e9truit une large partie de l\u2019espace interne du b\u00e2timent 2 mais \u00e9galement les abords de la longue fosse \u00e0 pierres chauff\u00e9es du N\u00e9olithique, nous privant ainsi de la compr\u00e9hension de ces am\u00e9nagements ou de leur environnement.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_7_page-0001-1-724x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4513\" style=\"width:680px;height:962px\" width=\"680\" height=\"962\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_7_page-0001-1-724x1024.jpg 724w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_7_page-0001-1-212x300.jpg 212w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_7_page-0001-1-768x1086.jpg 768w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_7_page-0001-1-1086x1536.jpg 1086w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_7_page-0001-1-1448x2048.jpg 1448w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Fig_7_page-0001-1-scaled.jpg 1810w\" sizes=\"(max-width: 680px) 100vw, 680px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 6: Plan topographique provisoire de la fouille. Cr\u00e9dit: \u00c9veha, 2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>La fouille de la ZAC du Four \u00e0 Chaux \u00e0 Sorigny a occasionn\u00e9 la mise au jour de plus de 900 am\u00e9nagements anthropiques dont les datations s\u2019\u00e9talent sur plus de 5000&nbsp;ans (Fig. 6). Un long travail d\u2019\u00e9tudes des mobiliers ainsi que d\u2019analyses des donn\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es sera n\u00e9cessaire afin d&rsquo;affiner nos connaissances sur les occupations humaines successives.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les fouilles men\u00e9es sur le site de la ZAC du Four \u00e0 Chaux \u00e0 Sorigny (Indre-et-Loire) ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par le bureau d&rsquo;\u00e9tudes \u00c9veha sous la responsabilit\u00e9 de Florian Sarreste dans le cadre du projet d&rsquo;am\u00e9nagement d\u2019un lotissement par la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00c9quipement de la Touraine pour la commune de Sorigny. 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