{"id":862,"date":"2020-10-09T11:24:36","date_gmt":"2020-10-09T09:24:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eveha.fr\/?p=862"},"modified":"2020-12-09T12:19:15","modified_gmt":"2020-12-09T11:19:15","slug":"varennes-sur-allier-03-rues-du-4-septembre-carnot-claude-labonde-et-du-gue-vincent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/2020\/10\/09\/varennes-sur-allier-03-rues-du-4-septembre-carnot-claude-labonde-et-du-gue-vincent\/","title":{"rendered":"VARENNES-SUR-ALLIER (03) &#8211; Rues du 4 septembre, Carnot, Claude Labonde et du Gu\u00e9 Vincent"},"content":{"rendered":"\n<p>Les fouilles men\u00e9es sur le site de Varennes-sur-Allier (03) sur les rues du 4 septembre, Carnot, Claude Labonde et du Gu\u00e9 Vincent ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par le bureau d&rsquo;\u00e9tudes \u00c9veha sous la responsabilit\u00e9 de Damien Tourgon. Elles interviennent dans le cadre du projet d&rsquo;am\u00e9nagement de la r\u00e9fection du r\u00e9seau d\u2019assainissement de la commune. Les investigations arch\u00e9ologiques ont permis de mettre au jour des fosses, des foss\u00e9s et des <strong>niveaux de voiries datant de la p\u00e9riode antique<\/strong>. Certains niveaux de voiries appartiennent \u00e0 la p\u00e9riode moderne et contemporaine voire \u00e9galement \u00e0 la p\u00e9riode m\u00e9di\u00e9vale. Des traces t\u00e9nues d\u2019une occupation certainement lat\u00e9nienne (\u00e2ge du Fer) sont \u00e0 souligner. Les \u00e9tudes du mobilier ainsi que des donn\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es se poursuivent actuellement et permettront d&rsquo;affiner nos connaissances de ce site et de son occupation.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>\n<strong>Mise\nen contexte et objectifs scientifiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La prescription de ce suivi de travaux a \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9e par les multiples d\u00e9couvertes r\u00e9alis\u00e9es depuis plus de deux si\u00e8cles sur la commune laissant envisager que son sous-sol abriterait l\u2019agglom\u00e9ration secondaire antique de <em>Vorocium<\/em> situ\u00e9e sur le territoire des Arvernes et connue comme \u00e9tant une ville \u00e9tape sur la table de Peutinger sous l\u2019appellation de <em>Vorogio<\/em>. Sa situation privil\u00e9gi\u00e9e aux contacts des territoires arverne, \u00e9duen et biturige aurait ainsi favoris\u00e9 son implantation en rive droite de la terrasse moyenne de l\u2019Allier. Cependant, les vestiges antiques mis au jour au sein de sondages ou de d\u00e9couvertes fortuites ne permettent pas, \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, de visualiser clairement l\u2019emprise et la structuration de l\u2019agglom\u00e9ration. D&rsquo;autre part, de nombreuses structures du second \u00e2ge du Fer (La T\u00e8ne, -450 \u00e0 -50 av. J.-C.) ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es sur la commune et plus particuli\u00e8rement sur ce secteur de fouille, t\u00e9moignant vraisemblablement d\u2019une occupation p\u00e9renne. Les traces d\u2019occupation les plus anciennes connues sur la ville semblent ainsi indiquer la pr\u00e9sence d\u2019un premier habitat group\u00e9 d\u00e8s le IVe s. av. J.-C. \u00e9voluant rapidement vers une agglom\u00e9ration ouverte. Par la suite, la transition entre la p\u00e9riode antique et la p\u00e9riode m\u00e9di\u00e9vale reste tr\u00e8s mal document\u00e9e du fait de d\u00e9couvertes tr\u00e8s t\u00e9nues. \u00c0 partir du Moyen \u00c2ge central, la ville se dote de deux p\u00f4les de concentrations de l\u2019habitat avec, au nord, la paroisse de Vouroux  \u00e9voquant le nom de la ville antique et succ\u00e9dant probablement \u00e0 une occupation m\u00e9rovingienne &#8211; comme en t\u00e9moigne la d\u00e9couverte d\u2019un sarcophage de cette p\u00e9riode- et, au sud, la ville franche, dont les contours ont \u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9s par une enceinte au XIVe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce suivi de travaux, totalisant 550 m lin\u00e9aire et r\u00e9alis\u00e9 sur le trac\u00e9 de quatre rues situ\u00e9es au c\u0153ur de la ville contemporaine, avait pour volont\u00e9 de mettre en exergue \u00e0 la fois l\u2019extension et l\u2019organisation de l\u2019agglom\u00e9ration ouverte lat\u00e9nienne ainsi que la structuration de l\u2019agglom\u00e9ration secondaire antique de <em>Vorocium<\/em>. Elle devait \u00e9galement permettre de montrer l\u2019\u00e9volution de la morphologie de la ville m\u00e9di\u00e9vale et moderne et documenter les r\u00e9seaux de voiries anciens (<strong>Fig. 1<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"842\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Figure1bis.resized-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-878\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Figure1bis.resized-1.jpg 842w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Figure1bis.resized-1-300x274.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Figure1bis.resized-1-768x701.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption><br> 1\u00a0: Gendarmerie, janvier 1985. Mat\u00e9riel du 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle<br> 2\u00a0: 1990. Mat\u00e9riel et nombreuses scories<br> 3\u00a0: Square de Vouroux, f\u00e9v. 1987. Ossements humains et mat\u00e9riel gallo-romains<br> 4\u00a0: Tour de potier de l&rsquo;\u00e9poque flavienne<br> 5\u00a0: Beausoleil. Puits gallo-romain<br> 6\u00a0: Rue de Vouroux, juin 1987. Fibule pseudo-La T\u00e8ne II<br> 7\u00a0: Propri\u00e9t\u00e9 Guetton, mars 1992. Four de potier gallo-romain<br> 8\u00a0: Propri\u00e9t\u00e9 Compagnon, mars 1992. Fosse et mat\u00e9riel gallo-romain<br> 9\u00a0: Propri\u00e9t\u00e9 Gu\u00e9nain, mars 1992. RAS<br> 10\u00a0: HLM Turlin, mars 1992. Mat\u00e9riel et enduits peints<br> 11\u00a0: Jardin Rotat, mars 1992. Mat\u00e9riel gallo-romain et fosse de La T\u00e8ne C2 (MC, DL)<br> 12\u00a0: \u00c9glise, mars 1992. Meule, amphores gallo-romaines<br> 13\u00a0: Intervention d&rsquo;avril-juin 1998<br> 14\u00a0: Rue de l&rsquo;H\u00f4tel de ville, oct. 1988. Objet, c\u00e9r.<br> 15\u00a0: Champs de Mars, janv. 1986. 2 fosses d\u00e9potoirs du 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle ap. J.-C.<br> 16\u00a0: Idem, scories<br> 17\u00a0: Restaurant scolaire, avril 1990. Fosses et mat\u00e9riel gallo-romain<br> 18\u00a0: R\u00e9sidence Marie Martin, oct.89. Mat\u00e9riel, moule, statuettes<br> 19\u00a0: Propri\u00e9t\u00e9 Alvez, oct.1988. Mat\u00e9riel gallo-romain<br> 20\u00a0: LEP, oct.1991. Habitat, amphore<br> 21\u00a0: Coll\u00e8ge, oct. 1991. Mat\u00e9riel du 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle ap. J.-C.<br> 22\u00a0: N\u00e9cropole des \u00e9gots<br> 23\u00a0: D\u00e9potoirs gallo-romains<br> 24\u00a0: Tuiles gallo-romaines<br> 25\u00a0: Les Rouettes, Incin\u00e9rations <br><br><em><strong>Fig. 1<\/strong>. Localisation des sondages du suivi de travaux dans l\u2019environnement arch\u00e9ologique. <\/em>D&rsquo;apr\u00e8s M. Channac et D. Lallemand (Lallemand 2001).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\n<strong>Difficult\u00e9s\nd\u2019un suivi de travaux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats arch\u00e9ologiques n\u2019ont malheureusement pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur des attentes et ce, pour diverses raisons. La premi\u00e8re tient \u00e0 la difficult\u00e9 de lecture engendr\u00e9e par un suivi de travaux, avec une longueur d\u2019ouverture de tranch\u00e9e n\u2019exc\u00e9dant pas trois m\u00e8tres pour une largeur de 0,60 m. Seule la rue du 4 septembre et la moiti\u00e9 de la rue Claude Labonde ont pu \u00eatre ouvertes int\u00e9gralement sur des largeurs de 1,50 \u00e0 2 m, facilitant alors nos observations. La seconde difficult\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence de nombreux r\u00e9seaux contemporains impactant \u00e9galement fortement le terrain tout au long du trac\u00e9 et cr\u00e9ant l\u2019instabilit\u00e9 de ce dernier. De ce fait, la lecture des coupes a \u00e9t\u00e9 rendue particuli\u00e8rement ardue par leur effondrement r\u00e9gulier. Enfin, une ouverture assez restreinte des niveaux en profondeur (1,50 m en moyenne, hormis la rue du 4 septembre \u00e0 plus de 2 m) a seulement permis d\u2019observer d&rsquo;atteindre les occupations antiques et non les p\u00e9riodes encore les plus anciennes.  <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les\nd\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les vestiges lat\u00e9niens semblent en effet s\u2019ouvrir \u00e0 des niveaux plus importants comme en t\u00e9moigne un sondage test r\u00e9alis\u00e9 plus profond\u00e9ment, \u00e0 environ 1,90 m sous la chauss\u00e9e actuelle de la rue Claude Labonde. Plusieurs tessons de c\u00e9ramique ont ainsi pu \u00eatre mis en \u00e9vidence dans un niveau pr\u00e9sentant des charbons de bois. Ces tessons n\u2019ont pas pu \u00eatre rattach\u00e9s \u00e0 une structure et leur datation ne pourra \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9e qu\u2019une fois l\u2019\u00e9tude c\u00e9ramologique effectu\u00e9e. Malgr\u00e9 ces traces t\u00e9nues, leur pr\u00e9sence confirme bien une occupation lat\u00e9nienne dans le secteur de la rue Claude Labonde comme avait pu l\u2019observer jadis David Lallemand au sein des sondages effectu\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de cette tranch\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Les vestiges antiques sont quant \u00e0 eux un peu plus prolixes. Au niveau de la rue du 4 septembre, trois fosses ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es au nord-ouest de la tranch\u00e9e dont l\u2019une d\u2019elles contenait le squelette d\u2019un animal en connexion dont il manquait la t\u00eate. Exempt de mobilier arch\u00e9ologique pour les dater, ces fosses s\u2019installent au sein d\u2019un niveau contenant du mobilier antique et date probablement de cette p\u00e9riode. Une autre fosse, observ\u00e9e dans la zone centrale et dont le profil fait penser \u00e0 celui d\u2019un silo,  a livr\u00e9 un gros fragment de vase antique. Enfin, dans le dernier tiers sud-est de la tranch\u00e9e, une s\u00e9rie de plusieurs foss\u00e9s orthonorm\u00e9s est apparue. Il s\u2019agit vraisemblablement de foss\u00e9s de drainage du secteur qui, d\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es g\u00e9omorphologiques, s\u2019av\u00e9rait \u00eatre une zone particuli\u00e8rement humide voire mar\u00e9cageuse. Ces observations confortent \u00e9galement celles faites par David Lallemand lors des sondages r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres plus \u00e0 l\u2019est. Il avait alors d\u00e9couvert plusieurs foss\u00e9s sans doute \u00e9tablis pour assainir le secteur. Si ces d\u00e9couvertes ne sont pas denses ou riches, elles t\u00e9moignent n\u00e9anmoins que cette zone se trouvait vraisemblablement en marge de l\u2019agglom\u00e9ration antique. La d\u00e9couverte de seulement quatre fosses sur la rue Carnot pourrait confirmer \u00e9galement cette hypoth\u00e8se. L\u2019une d\u2019entre elles  a livr\u00e9 notamment un abondant mobilier c\u00e9ramique riche et vari\u00e9 qui semble attribuable \u00e0 la fin du Ier si\u00e8cle &#8211; premi\u00e8re moiti\u00e9 du IIe si\u00e8cle de notre \u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Une d\u00e9couverte particuli\u00e8rement int\u00e9ressante pour la p\u00e9riode a pu \u00eatre observ\u00e9e rue Claude Labonde, avec la mise en \u00e9vidence d\u2019un axe viaire reprenant approximativement l\u2019orientation NO\/SE de la rue actuelle (<strong>Fig. 2<\/strong>). On note la pr\u00e9sence d\u2019au moins onze chauss\u00e9es successives dont six <em>a minima<\/em> sont attribuables \u00e0 la p\u00e9riode antique. La chauss\u00e9e la plus ancienne est constitu\u00e9e d\u2019un niveau de circulation tr\u00e8s dam\u00e9, compos\u00e9 d\u2019un cailloutis et de petits fragments de TCA. Il s\u2019installe sur un niveau pr\u00e9paratoire constitu\u00e9 de sable remani\u00e9 compact\u00e9 provenant de la terrasse alluviale. Un axe de circulation similaire a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans la tranch\u00e9e de la rue du Gu\u00e9 Vincent. Il s\u2019installe directement sur les niveaux sableux de la terrasse alluviale. Ce dernier venait certainement se connecter perpendiculairement au premier axe \u00e9voqu\u00e9 et filait en direction du cours d\u2019eau du Valan\u00e7on situ\u00e9 en bas de pente au sud o\u00f9 celui-ci vient confluer ensuite avec l\u2019Allier. Il s\u2019agit d\u2019un des rares vestiges observ\u00e9s pour l\u2019Antiquit\u00e9 dans cette rue. Sous ce niveau circulatoire, seul un foss\u00e9 et une possible fosse pourrait appartenir \u00e0 la p\u00e9riode antique voire protohistorique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"724\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.2ter.resized-1024x724.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-883\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.2ter.resized.jpg 1024w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.2ter.resized-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.2ter.resized-768x543.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption><em>Figure 2&nbsp;: Plan masse des vestiges antiques mis au jour rue Claude Labonde. Cr\u00e9dit : \u00c9veha, 2020.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>De nouveau, dans la rue Claude Labonde, au niveau de son croisement avec la rue du Gu\u00e9 Vincent, quatre fosses align\u00e9es suivant un axe NO\/SE et coupant la chauss\u00e9e antique, ont \u00e9t\u00e9 aper\u00e7ues en bordure de berme (<strong>Fig. 3<\/strong>). Leur installation est rythm\u00e9e par un entraxe r\u00e9gulier. Il a \u00e9t\u00e9 impossible de constater une continuit\u00e9 de ces fosses au sud-est de la tranch\u00e9e car l\u2019alignement de ces fosses se trouve en dehors de l\u2019emprise de fouille. N\u00e9anmoins, il est probable que d\u2019autres fosses soient align\u00e9es avec ces derni\u00e8res. Plusieurs grosses pierres mises en \u00e9vidence dans leur comblement laissent penser qu\u2019il s\u2019agit de calages pour l\u2019ancrage de poteaux. Il pourrait ainsi s&rsquo;agir d&rsquo;un am\u00e9nagement de bordure de chauss\u00e9e sans que l\u2019on puisse aller plus loin dans l\u2019interpr\u00e9tation. Aucun mobilier n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence au sein de leur comblement permettant de les rattacher \u00e0 un phasage antique, il nous faut donc rester prudent \u00e0 ce stade. Les cinq niveaux de circulation suivants sont \u00e9galement dat\u00e9s de la p\u00e9riode antique. Les derniers niveaux sont bord\u00e9s, c\u00f4t\u00e9 septentrionale, par un foss\u00e9 contenant de nombreux tessons de c\u00e9ramique antique. L\u2019\u00e9tude c\u00e9ramologique permettra de d\u00e9terminer un phasage plus pr\u00e9cis de l\u2019installation de ces premi\u00e8res voiries.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"576\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.3.resized.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-865\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.3.resized.jpg 576w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.3.resized-225x300.jpg 225w\" sizes=\"(max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><figcaption> Fig. 3. Vue des vestiges de chauss\u00e9es et de fosses rue Claude Labonde. Cr\u00e9dit : \u00c9veha, 2020.  <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Les niveaux de circulation suivants se succ\u00e8dent ensuite jusqu\u2019\u00e0 la chauss\u00e9e actuelle qui n\u2019est autre que l\u2019ancienne RN7 traversant la commune (<strong>Fig.4<\/strong>). Malheureusement , l\u2019absence de mobilier n\u2019a pas permis de phaser ces diff\u00e9rents axes viaires. Il est probable que cet axe ait perdur\u00e9 au cours de la p\u00e9riode m\u00e9di\u00e9vale puisqu\u2019il aurait permis de relier le quartier de Vouroux au nord \u00e0 la ville franche au sud. Certaines de ces chauss\u00e9es pourraient \u00eatre les seuls t\u00e9moins m\u00e9di\u00e9vaux mis au jour au cours de cette op\u00e9ration arch\u00e9ologique. L\u2019absence de vestiges pour cette p\u00e9riode indique probablement que nous nous trouvons en marge de l\u2019occupation m\u00e9di\u00e9vale. La multiplicit\u00e9 des r\u00e9seaux et des travaux de voiries d\u00e9truisant toute trace de vestiges de cette p\u00e9riode n\u2019est pas \u00e0 exclure non plus.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.4.resized-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-866\" srcset=\"https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.4.resized.jpg 1024w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.4.resized-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.eveha.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Fig.4.resized-768x576.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><figcaption><strong> Fig. 4<\/strong>. \u00c9corch\u00e9 en plan de plusieurs niveaux de circulation de la chauss\u00e9e F143. <em>Cr\u00e9dit : \u00c9veha, 2020.  <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Les vestiges suivants concernent les p\u00e9riodes moderne et contemporaine. La rue du 4 septembre se trouve fortement impact\u00e9e par les constructions de cette p\u00e9riode. On retrouve ainsi l\u2019ancien r\u00e9seau d\u2019assainissement, encore en activit\u00e9, constitu\u00e9 d\u2019un collecteur ma\u00e7onn\u00e9, constitu\u00e9 de deux pi\u00e9droits supportant une couverture de dalles issue de la r\u00e9cup\u00e9ration. Une canalisation atypique vient se brancher \u00e0 ce dernier afin de d\u00e9verser les eaux us\u00e9es dans le collecteur. Elle est constitu\u00e9e d\u2019un assemblage de modules moul\u00e9s en terre cuite en forme d\u2019ogive, de 0,50 m de long, joints au mortier de chaux. Dans ce m\u00eame secteur, deux foss\u00e9s plus anciens ont \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9s en fond de fouille et pourraient appartenir \u00e0 la p\u00e9riode moderne. Dans la seconde moiti\u00e9 sud-est de la tranch\u00e9e, deux autres foss\u00e9s parall\u00e8les ont \u00e9t\u00e9 aper\u00e7us dans l\u2019axe de la rue. Une tr\u00e8s importante quantit\u00e9 de c\u00e9ramique moderne et\/ou contemporaine venait les combler. Ils sont coup\u00e9s par deux fosses quadrangulaires remplies, sur leur fond, de chaux. Elles sont probablement le t\u00e9moin de diverses constructions dans le quartier. L\u2019ensemble de ces structures, observ\u00e9es entre 1,70 m et 2,20 m de profondeur, est recouvert par d\u2019importants remblais contemporains sur l\u2019ensemble de la rue. Ces derniers ont ainsi permis d\u2019assainir ce secteur qui \u00e9tait autrefois mar\u00e9cageux afin d\u2019installer le niveau de voirie du XIXe si\u00e8cle. Ces remblais, de plus de 2 m d\u2019\u00e9paisseur, ont certainement d\u00fb alt\u00e9rer des structures ant\u00e9rieures. En effet, quelques tessons antiques et une monnaie august\u00e9enne ont notamment \u00e9t\u00e9 amass\u00e9s dans ces niveaux.  <\/p>\n\n\n\n<p>Les traces des anciennes voiries de la fin du XIXe- d\u00e9but XXe si\u00e8cle ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es dans les rues Claude Labonde et du Gu\u00e9 Vincent. Concernant la premi\u00e8re, de nombreux pav\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence dans le comblement de l\u2019ancienne tranch\u00e9e de canalisation en fonte d\u2019eau potable, constituant les derniers t\u00e9moins de l\u2019ancienne rue pav\u00e9e que l\u2019on peut aujourd\u2019hui encore contempler sur plusieurs cartes postales anciennes. Le m\u00eame constat a pu \u00eatre observ\u00e9 pour la rue du Gu\u00e9 Vincent avec de nombreux pav\u00e9s pr\u00e9sents dans le comblement de la tranch\u00e9e de l\u2019ancien r\u00e9seau d\u2019assainissement. Seul un remblai \u00e9pais de terre a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 sur la rue Carnot pour ces p\u00e9riodes. Il a certainement servi \u00e0 rehausser et aplanir la rue avant l\u2019installation de la chauss\u00e9e moderne et\/ou contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si ce suivi de travaux n\u2019a peut-\u00eatre pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur de nos esp\u00e9rances notamment pour les occupations gauloises, il a toutefois permis de conforter certaines observations anciennes et d\u2019\u00e9largir nos pistes de r\u00e9flexion. Les donn\u00e9es observ\u00e9es sur la rue du 4 septembre ont, par exemple, permis de confirmer que nous nous trouvions probablement dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du Ier si\u00e8cle ap. J.-C. en marge de l\u2019occupation antique, les foss\u00e9s mis au jour servant vraisemblablement \u00e0 drainer cette zone humide. Ces hypoth\u00e8ses avaient notamment \u00e9t\u00e9 \u00e9mises par David Lallemand lors des travaux r\u00e9alis\u00e9s, mitoyens \u00e0 cette fouille, rues de l\u2019H\u00f4tel de Ville, Place du Bicentenaire, et Victor Hugo en 1998. Ce dernier avait mis au jour en revanche, entre la rue du 4 septembre et la rue Claude Labonde, ce qui semblait \u00eatre l\u2019\u00e9tablissement avant la seconde moiti\u00e9 du IIe si\u00e8cle J.-C d\u2019un riche \u00e9difice au sein d\u2019une division urbaine en <em>insulae<\/em> marqu\u00e9 par la pr\u00e9sence de chauss\u00e9es. Aucune trace de cette organisation spatiale n\u2019a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e lors de notre intervention rue du 4 septembre. Ces vestiges ont-ils \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits par les deux m\u00e8tres de remblais contemporains\u00a0? Sommes-nous en marge du secteur de l\u2019agglom\u00e9ration pour cette p\u00e9riode, qui se d\u00e9velopperait plut\u00f4t vers le sud-est \u00e0 l\u2019emplacement de la ville franche m\u00e9di\u00e9vale\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p>Difficile \u00e0 l\u2019heure actuelle de r\u00e9pondre \u00e0 ces interrogations. En revanche, l\u2019axe viaire mis en lumi\u00e8re rue Claude Labonde permettra de compl\u00e9ter les plans de la trame urbaine antique et pose \u00e9galement question. Sommes-nous en pr\u00e9sence d\u2019une rue participant \u00e0 l\u2019organisation spatiale de l\u2019agglom\u00e9ration antique ou d\u2019une voie desservant cette derni\u00e8re\u00a0? Il est tentant de voir au travers de cette chauss\u00e9e un axe fort, puisque ce dernier a perdur\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 nos jours pour accueillir l\u2019ancienne RN7. Il est m\u00eame probable que cette chauss\u00e9e ait servi d\u2019axe principal au Moyen \u00c2ge central entre les deux p\u00f4les de concentration de l\u2019habitat que  sont  la paroisse de Vouroux au nord et la ville franche au sud\u00a0; cette chauss\u00e9e \u00e9tant ax\u00e9e sur la porte nord de l\u2019enceinte du XIVe si\u00e8cle. Les \u00e9tudes de mobilier en cours devront permettre de r\u00e9pondre \u00e0 certains de nos questionnements.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les fouilles men\u00e9es sur le site de Varennes-sur-Allier (03) sur les rues du 4 septembre, Carnot, Claude Labonde et du Gu\u00e9 Vincent ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par le bureau d&rsquo;\u00e9tudes \u00c9veha sous la responsabilit\u00e9 de Damien Tourgon. Elles interviennent dans le cadre du projet d&rsquo;am\u00e9nagement de la r\u00e9fection du r\u00e9seau d\u2019assainissement de la commune. Les investigations &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/2020\/10\/09\/varennes-sur-allier-03-rues-du-4-septembre-carnot-claude-labonde-et-du-gue-vincent\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;VARENNES-SUR-ALLIER (03) &#8211; Rues du 4 septembre, Carnot, Claude Labonde et du Gu\u00e9 Vincent&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[1,6,5],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/862"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=862"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/862\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":887,"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/862\/revisions\/887"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=862"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=862"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eveha.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=862"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}