TRESCLEOUX (05) – Chemin de Teyrac 2

Les fouilles archéologiques menées sur le site de TRESCLEOUX (05) – Chemin de Teyrac 2 ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Aurélie Mayer dans le cadre du projet d’aménagement porté par un particulier. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés du Moyen Âge.

Fig.1 : Plan masse du site en fin de fouille. Crédit : Éveha, 2026.

Objectifs scientifiques

Les objectifs de l’opération étaient multiples. Il s’agissait tout d’abord de caractériser l’étendue et la chronologie de la zone funéraire, par la fouille de l’ensemble des sépultures comprises dans l’emprise du projet, incluant les sépultures sous les vestiges bâtis.

Une confirmation de la localisation de l’église et la recherche des éléments de chronologie qui la concernent (états antérieurs au 11e s., prieuré victorien, transformations médiévales) étaient attendues. Enfin, l’identification d’autres bâtiments éventuels du prieuré dans l’emprise du projet devait être envisagée.

Des bâtiments et un cimetière médiéval

Deux états principaux de bâtiment sont apparus, qui semblent correspondre aux éléments d’archive préliminaires en notre possession : une petite église correspondant à celle fondée au 11e siècle ; les restes ténus d’une construction antérieure (correspondant à celle mentionnée dans ce même acte de fondation ?), dont la date de construction est pour le moment inconnue.

Fig.2 : Vue générale de la partie est de la nef et de l’abside circulaire (état 2) en cours de fouille. Crédit : Éveha, 2026

Les deux états présentent un plan similaire, à nef unique et abside semi-circulaire.
Le second état semble présenter un contrefort unique au sud, ainsi qu’une extension au nord dont la nature reste à préciser. Au sud également, la mise au jour de deux seuils ainsi que d’une structure composée de trois caveaux accolés disposés parallèlement au mur gouttereau sud pourrait indiquer l’aménagement d’une galerie. L’abside, quant à elle, présente une phase de reprise mise en évidence grâce aux recoupements des défunts disposés de façon rayonnante autour de celle-ci.

Fig.3 : Caveau-pourissoir. Crédit : Éveha, 2025.

Au sein du ou des édifices, les sépultures semblent se concentrer essentiellement dans l’espace occupé par la première phase de construction, tout en présentant des recoupements qui pourraient signaler la présence de fosses sépulcrales antérieures à ce premier état. Deux murs de refend ont été mis au jour au sein de l’état 2 (F. 2020 et 2096), avec ce qui pourrait être une petite volée de marches à l’ouest. Au-delà à l’ouest, seuls deux individus sans caractéristiques particulières ont été découverts, ainsi qu’un ensemble de fosses destinées à la coulée d’une ou plusieurs cloches. En l’absence d’éléments architecturaux indiquant un clocher, on suppose que cette ou ces cloches ont été installées dans la surélévation du mur de façade, formant un clocher mur ou panelle. Aucun élément de décor ou d’élévation n’a pu être mis en évidence, la grande majorité des matériaux ayant été récupéré jusqu’à la dernière assise.

Fig.4 : Sépulture à inhumation en coffrage accompagnée d’un vase. Crédit : Éveha, 2026.

Au sud-ouest de l’emprise, une zone contenant des débris de démolition (F. 2278), notamment de très gros blocs de calcaire, a été identifiée, antérieure aux murs et radiers mis au jour à cet emplacement. Elle pourrait correspondre à une phase d’agrandissement et d’aplanissement du promontoire. Au nord, la mise au jour d’une zone composée de petits graviers damés (F. 2028), aux contours mal définis mais bien visible en coupe, indique un aménagement des espaces de circulation, postérieur aux inhumations.

Fig.5 : Sépulture en bâtière. Crédit : Éveha, 2026.

Si quasiment aucun élément mobilier récolté ne permettra d’aider à la confirmation de la datation de ces deux phases, les liens stratigraphiques identifiés notamment avec les inhumations permettront des campagnes de datation radiocarbone ciblées.

Fig.6 : Triple caveau au sud de l’église. Crédit : Éveha, 2026.
Fig.7 : Vue du site partiellement protégé pour la fouille hivernale. Crédit : Éveha, 2026.

Globalement à l’ouest et au nord-ouest de l’édifice, les sépultures n’ont été que peu investiguées, de même qu’au nord à distance de l’église. À l’est et au sud, la densité de sépultures au m² s’est avérée bien supérieure à ce qui avait été prévu. En revanche, au nord de l’édifice et dans la nef, la complexité des faits funéraires semble moindre avec, au maximum, deux niveaux de sépulture identifiés avant d’atteindre le substrat.

Problématiques scientifiques de la post-fouille

Les travaux de post-fouille sont actuellement en cours et se concentrent sur plusieurs thématiques comme les relations entre le bâti et les sépultures. Il s’agit également d’établir une chronologie relative et absolue de l’ensemble, en prenant en compte les évolutions et les reprises. L’étude anthropologique permettra également de mettre en évidence de potentielles zones d’inhumation privilégiées. Enfin, l’étude des caractéristiques biologiques et paléopathologiques de la population inhumée pourra potentiellement mettre en évidence la présence d’une population monastique effective.