Les fouilles archéologiques menées sur le site de Casteljaloux (47) – 20 rue de Veyries ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Virginie Parcollet dans le cadre du projet d’aménagement porté par Domofrance. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés du Moyen Âge et de l’Époque moderne.
Les objectifs scientifiques de la fouille
L’origine et l’évolution de la ville de Casteljaloux étant méconnus, le but de l’opération était d’y apporter quelques éléments en étudiant l’évolution de l’occupation de ce secteur central du bourg médiéval, et en documentant l’ensemble des structures présentes sur la parcelle. Il s’agissait également de restituer l’organisation générale de chaque phase et de caractériser la nature et la fonction de chaque espace.
L’évolution de l’occupation a été analysée en notant les phases de ruptures ou d’abandon de cet espace.
L’étude exhaustive du mobilier devait permettre de préciser l’évolution chronologique du site et, également, de définir la fonction de certains espaces et le statut des occupants.
Des prélèvements ont été effectués dans tous les contextes adéquats afin de caractériser l’évolution du milieu naturel et de mettre en évidence les relations homme/milieu.

Une occupation du Moyen Âge central
Sur les 163 structures recensées au cours de la fouille, on dénombre 74 maçonneries et 65 structures en creux, dont 15 silos. La grande quantité de mobilier archéologique découverte notamment dans les structures en creux va permettre de préciser les datations suite à l’étude du mobilier céramique notamment.
Ces structures en creux semblent pour le moment se rattacher au Moyen Âge central.
Elles sont directement installées dans les niveaux de sable géologiques, et sont le témoin de la première occupation du site. Une grande quantité de restes de faune a été découverte avec notamment la sépulture d’une vache. Ces traces d’occupation sont contemporaines des structures en creux. Les silos présentent des typologies similaires. L’occupation de cette zone a perduré, car les structures se recoupent.

La deuxième grande phase d’occupation est caractérisée par les vestiges maçonnés avec trois phases de reprises identifiées lors de l’étude des structures bâties. Il s’agit dans un premier temps d’un bâtiment rectangulaire de plain-pied, dont la fonction n’a pas encore été déterminée. Dans un second temps, il y a un remblaiement du site avec une correction du pendage vers l’est pour rendre l’espace plan. Le bâtiment initial devient alors un espace excavé, contre lequel sont installées d’autres maçonneries. Plusieurs caves sont alors construites les unes contre les autres, en doublant les murs afin de pouvoir supporter des voûtes.

Les vestiges les plus récents recensés sont deux puits, des latrines et des canalisations. Ce sont les témoins de la dernière occupation du site avant la destruction des bâtiments autour des années 1980.
Problématiques scientifiques de la post-fouille
La chronologie de l’occupation des espaces va être étudiée plus précisément afin de proposer une chronologie relative et un phasage. Nous nous attacherons donc à étudier la nature et la fonction des structures archéologiques mises au jour.
Une attention particulière sera portée au mobilier archéologique afin de répondre à toutes les problématiques fonctionnelles, économiques, sociales et chronologiques qui lui sont liées. Pour chaque catégorie de mobilier, un ou une spécialiste mettra en place les protocoles d’identification et de documentation des différentes étapes des chaînes opératoires et les pratiques techniques en jeu.
Un géomorphologue étudiera la provenance des calcaires et proposera une synthèse détaillée des observations sédimentaires et du contexte géomorphologique.
La fouille ayant révélé des vestiges bien conservés de restes organiques, notamment en carpologie et en anthracologie, des analyses vont être réalisées visant à restituer les activités humaines sur ce secteur.
Cette approche globale nous permettra d’acquérir une compréhension sur l’occupation du sol et la mise en place de la ville de Casteljaloux dans le courant du Moyen Âge.


