NARROSSE (40) – Chemin du Bayle

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Narrosse (40) – Chemin du Bayle ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Marie-Caroline Di Palma dans le cadre du projet d’aménagement porté par Grand Dax agglomération. La commune est située en périphérie sud-est de la ville de Dax, sur la rive gauche de l’Adour. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés de la Protohistoire, de l’Antiquité et de l’Époque contemporaine.

Objectifs scientifiques

Les objectifs scientifiques visaient à comprendre la nature du site dans son ensemble, sa chronologie, ainsi que son évolution tout au long de sa durée d’occupation. Les résultats devaient possiblement être étudiés en lien avec les contextes topographiques et géomorphologiques.

L’opération archéologique devait permettre d’identifier les structures et de comprendre leur évolution dans le temps (que ce soit au niveau des dynamiques de comblement que de leur datation). À plus large échelle, il était demandé de comprendre l’organisation des structures entre elles et de faire des parallèles avec des vestiges similaires connus au niveau local ou national.

Fig. 1 : Plan masse des vestiges. Crédit : Éveha, 2025.

Un système fossoyé protohistorique/antique

L’emprise de fouille couvre une surface de 2,1 hectares. En son centre, un large fossé traverse le terrain selon un axe sud-ouest – nord-est. Cet élément crée une séparation spatiale entre deux secteurs distincts : la zone 1, située à l’ouest du fossé, et la zone 2, localisée à l’est de ce fossé central.

Au total, plus de 450 structures et anomalies ont été mises au jour. Le corpus se compose majoritairement de tronçons de fossés et de drains. S’y ajoutent des trous de poteau simples ou conservant un négatif de poteau ou des fosses.

Fig. 2 : Vue aérienne de trois fossés. Crédit : Éveha, 2025.

À cet ensemble, s’ajoutent également plusieurs structures interprétées comme de possibles fosses de plantation, ainsi qu’un grand nombre d’aménagements plus difficiles à caractériser, parmi lesquels de potentiels fonds de structures et une grande quantité d’anomalies indéterminées.

Le mobilier céramique provenant de plusieurs structures, parmi lesquelles des fossés et des trous de poteau, atteste d’une occupation du secteur dès la Protohistoire récente ou l’Antiquité, tandis que certains fossés et fosses de plantation relèvent d’aménagements datés de la période contemporaine.

Une trentaine de tronçons de fossés ont été identifiés sur l’emprise. Ils correspondent à un ensemble de 24 fossés présentant des orientations variées (nord – sud, nord-ouest – sud-est, nord-est – sud-ouest et ouest – est). Les fossés doubles traversant la parcelle 102 selon un axe nord – sud sont visibles sur des photographies aériennes jusque dans les années 1960. Ils semblent délimiter un chemin d’accès menant à une ferme située quelques mètres plus au nord. Les clichés aériens laissent également apparaître un couvert végétal le long de ces fossés. Dans ce contexte, les structures en creux alignées à proximité pourraient correspondre à des fosses de plantation.

À ces aménagements s’ajoute un ensemble de structures linéaires, interprétées comme des drains, principalement localisées dans la partie nord de l’emprise de fouille et orientées selon un axe nord-est – sud-ouest.

Sur la parcelle 105, 28 tronçons de fossés ont été mis au jour, correspondant à une vingtaine de fossés, également caractérisés par diverses orientations. Enfin, huit tronçons de fossés ont été identifiés sur la parcelle 129, située à l’extrémité orientale de l’emprise de fouille.

Fig. 3 : Vue aérienne des fossés. Crédit : Éveha, 2025.

Les profils de ces fossés sont variés : certains présentent des parois droites associées à un fond relativement plat, tandis que d’autres possèdent des parois obliques ou évasées et un fond en cuvette. Leur état de conservation est également hétérogène, avec des profondeurs variant entre 0,10 et 0,80 m.

En ce qui concerne les trous de poteau avérés, c’est-à-dire ceux pour lesquels le négatif du poteau a pu être observé, leur répartition est la suivante : 14 ont été identifiés sur la parcelle 102 et 8 sur la parcelle 105. Sur la parcelle 102, quatre se situent dans la partie sud-ouest, trois dans la partie sud-est, trois au centre de la parcelle et quatre dans le secteur nord-est. Sur la parcelle 105, ces structures se concentrent principalement dans la partie sud-est, tandis qu’un seul exemplaire a été repéré dans la partie sud-ouest.

La majorité des structures mises au jour lors de cette opération correspond toutefois à des trous de poteau simples (sans négatif conservé) ou à des fosses. Bien qu’elles soient réparties sur l’ensemble de l’emprise de fouille, elles apparaissent particulièrement nombreuses dans deux secteurs distincts : la partie sud/sud-est de la parcelle 102 et la zone sud-est de la parcelle 105.

Fig. 4 : Ensemble de quatre trous de poteau pouvant caractériser la présence d’un petit bâtiment quadrangulaire de type grenier. Crédit : Éveha, 2025.
Fig. 5 : Alignement de trous de poteau au sud est de la parcelle 105. Crédit : Éveha, 2025.

Dans ces deux secteurs, la forte densité de structures rend difficile l’identification de plans de bâtiments. Néanmoins, certains alignements ou regroupements de trous de poteau pourraient correspondre à des aménagements légers, tels que des greniers sur poteaux ou des clôtures. Les trous de poteau présentent des morphologies et des profils variés : certains sont totalement dépourvus de mobilier archéologique, tandis que d’autres sont comblés par une importante quantité de fragments de terre rubéfiée et de charbons de bois.

Fig. 6 : Vue en coupe du trou de poteau ST 101 et de l’amas de terre brûlée qui comblait le négatif du poteau. Crédit : Éveha, 2025.

Enfin, l’état de conservation de ces structures est très variable. Certains trous de poteau atteignent jusqu’à 0,60 m de profondeur, tandis qu’un grand nombre d’aménagements ne sont conservés que sur quelques centimètres.

Problématiques scientifiques de la post-fouille

L’une des principales problématiques de la phase de post-fouille consistera à établir la chronologie des vestiges mis au jour lors de l’opération archéologique et à en comprendre l’évolution au cours de la durée d’occupation du site.

Il s’agira également d’analyser l’organisation spatiale des structures entre elles et d’en proposer une interprétation, notamment par la mise en parallèle avec des vestiges similaires identifiés à l’échelle locale ou nationale. Les analyses paléoenvironnementales devraient, quant à elles, permettre de restituer le contexte environnemental dans lequel s’inscrivent les vestiges découverts.

Enfin, l’étude géomorphologique portera en particulier sur les différences de recouvrement observées au-dessus des vestiges, afin d’en préciser l’origine et les dynamiques de formation.