SALINS-LES-BAINS (39) – 3, place des Salines – Travaux de restauration de la Grande Saline – travées 34 à 38

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Salins-les-Bains (39)  au 3, place des Salines (Travaux de restauration de la Grande Saline – travées 34 à 38), ont été réalisées par le bureau d’études Éveha, sous la responsabilité de Marie-Aude Schittly, dans le cadre du projet d’aménagement porté par la commune de Salins-les-Bains. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés du Moyen Âge à l’époque contemporaine.

Objectifs scientifiques

À l’instar de l’intervention menée en 2021 par le bureau d’études Éveha, sous la direction de Delphine Champeaux, la fouille archéologique mise en œuvre à Salins-les-Bains en 2025 présentait une double approche : une surveillance archéologique du décaissement et un enregistrement archéologique de tous les vestiges mis au jour, afin d’étudier l’espace compris entre le sol actuel et l’extrados de la galerie souterraine, au droit du Puits à Grey et du couloir Cicon.

Ainsi, l’intervention devait permettre de vérifier si des états successifs de voûtes étaient présents, comme la fouille de 2021 l’avait mis en évidence. Toutes les structures et tous les niveaux devaient être étudiées afin de mieux comprendre les rythmes de construction et d’occupation du site. Pour se faire, l’étude de la stratigraphie devait être accompagnée par celle des élévations, et, plus globalement, de chaque maçonnerie et niveau mis au jour. La fouille devait donc renseigner le phasage constructif du monument, de sa construction à son abandon.
Le croisement des observations de terrain et d’une étude documentaire devait permettre de contextualiser les découvertes.

Fig.1 : Plan général du chantier. Crédit : Éveha, 2025.

Les travées 34 à 38

L’étude des travées 34 à 38 surplombant l’ancien Puits à Grey des Grandes Salines est encore en cours, mais l’observation des relations stratigraphiques entre les éléments constructifs atteste déjà des nombreuses évolutions subies par cet espace entre les 12e et 20e siècles.

Les décaissements ont été opérés entre le niveau de circulation actuel et l’extrados des voûtes anciennes, mais ils présentent d’importantes disparités d’une travée à l’autre. Celles impactées par la construction d’une dalle en béton quelques décennies plus tôt ont révélé les arcs brisés associés à la galerie souterraine. La découverte d’un autre ensemble d’arcs en plein cintre, associé à un escalier, témoigne de la présence d’un niveau intermédiaire. Un niveau supérieur, s’ouvrant sur l’actuelle esplanade, a également été mis en évidence.

L’étude étant encore en cours, les données chronologiques restent encore à préciser.

Fig.2 : Vue générale du chantier. Crédit : Éveha, 2025.

D’un état primitif médiéval…

La phase la plus ancienne est attribuée à la période médiévale, probablement aux 12e-13e siècles, soit à la phase supposée de mise en service du Puits à Grey. Cette datation a été mise en évidence par les découvertes céramiques associées à une importante couche charbonneuse dont la nature reste à déterminer (incendie, rejet ?). Il demeure que ces éléments peuvent être mis en relation avec plusieurs élévations permettant de délimiter la première travée. L’analyse approfondie du bâti permettra de cerner quelles autres élévations et aménagements fonctionnent avec cet état primitif. Il n’est pas non plus exclu qu’une phase antérieure du 11e siècle, déjà mise en évidence lors de travaux effectués en 2021, soit présente. Pour cette période médiévale, un double voûtement a , à l’instar des travaux de 2021, également été découvert.

Fig.3 : Vue du double voûtement, la voûte en croisée d’ogive est masquée par une voûte en plein cintre. Crédit : Éveha, 2025.
Fig.4. : Arc brisé primitif réduit par un arc plein cintre postérieur. Crédit : Éveha, 2025.

… à des reconfigurations modernes…

Des évolutions organisationnelles s’opèrent à la fin du Moyen Âge ou au début de l’Époque moderne. Elles sont visibles par l’installation de piliers dont seules les bases avec un décor en écoinçon subsistent. Les élévations associées sont malheureusement totalement détruites, mais la comparaison avec les nombreux documents iconographiques disponibles pourrait compléter certaines données. Ils permettent notamment d’envisager un espace ouvert sous arcs qui se cloisonnera progressivement. Cette compartimentation progressive est d’ailleurs observée au niveau des vestiges, avec l’ajout de maçonnerie contre la base de ces piliers entre la fin de l’Époque moderne et la période contemporaine. 

Fig.5 : Potentiel « tripot », ou bassin de décantation. Crédit : Éveha, 2025.
… jusqu’aux vestiges de l’activité industrielle contemporaine !

L’activité de la saline ayant perduré jusque dans les années 1960, plusieurs aménagements résultent de cette activité récente : cheminée, carreaux de cuisine, vestiges de la turbine, etc. 

Problématiques scientifiques de la post-fouille

La poursuite de l’étude lors de la post-fouille permettra de mieux déterminer les évolutions chronologiques et de déterminer les fonctions des différentes travées et aménagements qu’elles comprennent.