Les fouilles archéologiques menées sur le site de GAGNY (93) – 24-26 Rue du Général Leclerc/2 bd Saint Dizier ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Thomas-Aloïs Gérardin dans le cadre du projet d’aménagement porté par Sedelka. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges allant du Moyen Âge à l’Époque contemporaine.
Problématiques scientifiques du cahier des charges
La fouille de la rue du Général Leclerc/boulevard Saint-Dizier devait répondre à plusieurs problématiques scientifiques afin, in fine, d’enrichir la connaissance du développement et de l’évolution de la trame urbaine de Gagny en les replaçant dans le riche contexte archéologique actuel.
Concernant les périodes les plus anciennes, il convenait ainsi de maintenir une vigilance certaine concernant l’Antiquité tardive, une occupation antique ayant déjà mise en évidence au sud de l’îlot.
Pour le Moyen Âge, la fouille devait contribuer à améliorer la connaissance de la formation de ce secteur du centre-ville de Gagny, en prenant en compte le rôle des éléments structurants à proximité, en particulier l’axe ancien de la rue du Général Leclerc ou le ru Saint Fiacre.
Enfin, la réattribution de la parcelle à la période moderne, liée au développement du Château de Dominique de Ferrari devait être caractérisée, et les découvertes mises au regard des divers plans existants de ces jardins, afin de compléter les données de fouilles, mais également de questionner la véracité et la précision de ces anciennes représentations.
Les premiers résultats
Les fouilles menées sur une emprise de 2038 m², ont permis de mettre au jour près de 650 vestiges archéologiques datant du Moyen Âge, ainsi que des époques moderne et contemporaine.
La fouille se situait dans un contexte de pollution des sols qui a nécessité la mise en place d’un protocole strict afin d’assurer la sécurité des archéologues (étude du mobilier sur place, port de combinaisons et de masques, gants…).
Situé à l’intersection de la rue du Général Leclerc et du boulevard Saint-Dizier, le chantier a permis de mettre en évidence trois séquences d’occupation humaine distinctes.


Les vestiges du Moyen Âge
Durant le premier Moyen Âge, une zone d’activité semble s’organiser autour de deux domaines principaux. On y retrouve une aire de stockage, attestée par un corpus de silos, et une zone d’artisanat du feu, avec la présence de batteries de fours et de petits foyers.


Le second Moyen Âge n’a pas livré, pour l’heure, les données attendues. Le prérequis de cette opération allait dans ce sens, notamment avec la préemption des terres par le comte de Ferrari pour y construire son château. Pour l’instant, peu de vestiges portent la marque de cette séquence, et il faudra attendre les retours des études du mobilier ainsi que le diagramme en chronologie relative, afin d’y voir plus clair sur cette phase.
Les vestiges de l’Époque moderne
À l’Époque moderne, la parcelle était occupée par le château de Dominique de Ferrari. Lors de la fouille, nous avons retrouvé un complexe de maçonneries qui pourrait correspondre à cet édifice. Cet entrelacs de murs, de pièces de plain-pied et d’autres excavées, pourrait représenter les fondations de la demeure du comte, qui disparaît des plan terrier des années 1784/1785. En parallèle, nous avons tenté de confronter les connaissances historiques des jardins du palais avec les découvertes in situ. Ainsi, les niveaux de jardin ont fait l’objet d’une tentative de caractérisation, que ce soit par la stratigraphie (démolition des niveaux médiévaux et mise en place de terres à jardin) et par l’identification et l’enregistrement des éléments structurants (espaces de jardins, de potagers, les aménagements hydrauliques et les espaces de circulation), mais aussi des niveaux d’entretien (terrassements, apports de terre, réfection des ouvrages maçonnés et hydrauliques).






Les vestiges de l’Époque contemporaine
Divers programmes paysagers ont pu être rattachés à l’Époque contemporaine. De même, les phases d’abandon et de réaffectation de la parcelle durant cette période ont été identifiées et enregistrées, notamment au travers de l’étude de la stratigraphie générale.
Problématiques scientifiques de la post-fouille
Les recherches se poursuivent désormais en laboratoire. Pour le premier Moyen Âge, les découvertes devront être mises en perspective avec les résultats de l’étude céramique, qui permettra peut-être de définir une chronologie de cette occupation : s’étale-t-elle dans le temps ou est-elle l’illustration d’une courte séquence ? Il sera également intéressant de confronter cet ensemble avec les sépultures dispersées qui ont été fouillées sur l’emprise et d’entamer une réflexion avec les connaissances historiques, notamment dans le domaine des axes de communication, afin d’éventuellement contemporanéiser la voie médiévale (attestée au XVᵉ siècle) dite « ruelle du Guet » avec les découvertes plus anciennes.
Pour la période moderne, les découvertes du chantier ont commencé à être mises en regard des divers plans existants de ces jardins et du château, afin de compléter les données de fouilles, mais également de questionner la véracité et la précision de ces anciennes représentations.
Enfin, ces études éclaireront peut-être les séquences les moins bien perçues lors de la fouille de la parcelle. Le site est-il occupé durant l’Antiquité ? Que reste-t’il des occupations du second Moyen Âge ?


