LANNEMEZAN (65) – Aure Lannemezan, renforcement de l’alimentation électrique de la vallée de la Neste

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Lannemezan (65)  –  Aure-Lannemezan, renforcement de l’alimentation électrique de la vallée de la Neste, ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Anne-Zahra Chemsseddoha, dans le cadre du projet d’aménagement porté par RTE.

Problématiques scientifiques du cahier des charges

L’objectif principal de l’intervention archéologique prescrite par le service régional de l’Archéologie de l’Occitanie était la surveillance des travaux d’installations de nouvelles lignes électriques afin d’étudier toute structure archéologique qui pourrait être mise au jour. Dans ce cadre, deux zones avaient été identifiées comme susceptibles de présenter une forte sensibilité archéologique. La première concernait le tracé entre le poste électrique de Lannemezan et Lortet sur le plateau de Lannemezan, un secteur connu pour les vestiges pré- et protohistoriques. Le second tronçon prescrit (secteur d’Arreau, lieu-dit Garian), devait permettre de mieux caractériser l’origine et le développement de l’occupation du hameau, connu par les sources écrites au moins depuis le Moyen Âge.

Le plateau de Lannemezan : des concentrations de galets

Cette région des piémonts pyrénéens est reconnue pour la richesse de son patrimoine archéologique depuis le 19e s. (Fig. 1), notamment à travers les nombreuses nécropoles de tumulus, fondées et utilisées entre le Néolithique et l’âge du Fer, et des gisements paléolithiques. Néanmoins, le tracé soumis à surveillance archéologique n’a finalement croisé que peu de vestiges formellement identifiés. En limite sud de la commune de Lortet, à mi-pente d’un vallon, ont été mis au jour une série de concentrations de blocs et de galets observés sur 80 m de longueur, reposant à chaque fois sur un lit de plus petites pierres (Fig. 2). La visibilité limitée offerte par la tranchée ne permet pas d’identifier de structuration claire. Ces formations, dont la fouille n’a livré aucun mobilier, évoquent tout autant des formations naturelles de nappes de galets déjà connues localement, que des socles qui ont pu servir pour l’aménagement de tumulus protohistoriques nombreux dans le secteur. Les études en post-fouille permettront d’affiner l’interprétation de ces formations particulières.

Fig. 1 : vue générale vers le sud du tracé après décapage, commune de Lortet. Crédit : Éveha 2023.
Fig. 2 : vue générale de la section de tranchée renfermant les concentrations de pierres, commune de Lortet. Crédit : Éveha, 2023.

Le hameau médiéval de Garian

Le hameau de Garian, situé au sud-ouest du centre-bourg d’Arreau, est connu par les sources écrites depuis au moins le 11e s. Il se distingue par la présence de la chapelle Saint-Michel, lieu de culte également attesté depuis le Moyen Âge. Le terrassement de la tranchée sous voirie n’a révélé que très peu de vestiges structurés – aucune sépulture ou indice funéraire n’a été mis au jour. Le secteur apparaît fortement perturbé par l’installation successive des différents réseaux. On notera néanmoins la découverte d’un ancien dalot maçonné du 19e-20e s. (Fig. 3). Ailleurs, les séquences stratigraphiques plus épaisses se composent plutôt de remblais, probablement en lien avec l’ancienne de voie de circulation, dont les rehaussements et aménagements successifs ont façonné le terrain actuel.

Les investigations se poursuivent désormais en laboratoire où l’étude des données de terrain, les études spécialisées et les analyses permettront de caractériser plus finement les éléments observés.

Fig. 3 : dalot maçonné, Arreau. Crédit : Éveha, 2025.

Les recherches à venir

Lors de la phase de post-fouille, le traitement de l’ensemble des données de terrain, associé aux études spécialisées et aux analyses, permettra de caractériser plus finement les éléments observés au cours du suivi de travaux, et de les replacer dans leur contexte environnemental et historique. Pour la zone du plateau de Lannemezan, une attention particulière sera portée à l’étude des concentrations de pierres et au contexte géomorphologique environnant, tandis que pour le secteur d’Arreau, l’analyse visera à documenter les aménagements récents de cette portion du hameau de Garian, notamment par le biais d’une étude documentaire.