Le suivi archéologique des travaux menés sur le site de l’Avenue de Nantes / Porte de Paris à Poitiers dans le cadre de l’installation du réseau de chaleur de la ville ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité d’Alexis Guerraud, dans le cadre du projet d’aménagement porté par Dalkia. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés du Moyen Âge, de l’Époque moderne et de l’époque contemporaine.
Les objectifs de la fouille
L’objectif principal de l’intervention archéologique était d’étudier les vestiges apparaissant lors des travaux de terrassement afin de retracer l’évolution de ce secteur de Poitiers.
Autant que faire se peut, l’opération archéologique devait ainsi essayer de comprendre les différents ensembles mis au jour et préciser leur datation, ainsi que de confronter les observations de terrain avec les observations issues de l’analyse géoradar afin de confirmer (ou non) les interprétations des vestiges découverts.
Enfin, l’étude devait remettre les structures dans leur contexte local, mais aussi plus largement dans un contexte régional, voire extra-régional.
Les vestiges de maçonneries
Le suivi a permis d’enregistrer 40 maçonneries, une fosse, une tranchée de récupération, un sol, un caniveau/dallage, une tour, une décharge, une cave (Fig. 1) et deux carrières.

Outre les différentes structures isolées, quatre ensembles se distinguent particulièrement, notamment les vestiges des abattoirs municipaux de la ville (Fig. 2), une fondation circulaire qui pourrait s’apparenter à l’une des tours manquantes de l’enceinte médiévale associée à une maçonnerie de type escalier (Fig. 3) (information nécessitant d’être confirmée par des études plus approfondies) , une pièce dont l’élévation présente des enduits peints encore en place associée à un sol de carreaux de pavement en terre cuite (Fig. 4), mais également des restes d’une cave dont l’élévation était encore en place.


Les autres structures et les niveaux stratigraphiques associés à ces ensembles permettent également d’apporter davantage d’informations sur l’occupation et sur leur abandon. Il est important de mentionner également que le rocher a été atteint en partie sud et a permis d’observer deux espaces considérés comme des restes de carrière. Cette zone est également visible à travers la falaise, car celle-ci semble entaillée et témoigne également de cette activité.



Fig. 6 : Vue de l’élévation de la tour F129, et son insertion stratigraphique, permettant de visualiser une partie des assises ainsi que les joints de mortier (ENS 5). Crédit : Éveha 2025.
L’approche complémentaire de la prospection à la fouille
Cette opération d’archéologie préventive était la première à associer une prospection géo-radar réalisée avant un suivi archéologique archéologique des travaux. Le suivi a ainsi permis de confirmer les vestiges repérés et certaines interprétations proposées dans ce cadre. Il a également permis d’apporter des indices supplémentaires non repérés lors de la prospection géo-radar, probablement en raison de la nature du sol et de ses remblais. Ce suivi de travaux a montré que les observations réalisées sur le terrain étaient nécessaires, tant pour la mise au jour des structures que pour leur interprétation.

Fig.7 : Vue nadirale d’une portion du dallage F131. Crédit : Éveha 2025.

Fig. 8 : Vue nadirale de la maçonnerie F133, du sol F134 et des maçonneries F135 à F137 situées en partie méridionale (ENS 8). Crédit : Éveha 2025.

Fig. 9 : Cliché d’une portion des enduits-peints in situ sur la maçonnerie F135 (ENS 8). Crédit : Éveha 2025.

Fig. 10 : Vue nadirale de la maçonnerie F108 appartenant au bâtiment ENS 3 et de la fondation F107. Crédit : Éveha 2025.


