SAINT-GEORGES-DES-COTEAUX (17) – Chemin de Mongré – ZAC des Coteaux

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Saint-Georges-des-Coteaux (17) – Chemin de Mongré – ZAC des Coteaux ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Loïc Mazou dans le cadre du projet d’aménagement porté par SCCV UNI ENE SAINTES. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges diachronique allant probablement du Néolithique jusqu’à l’Époque moderne.

Problématiques scientifiques du cahier des charges

L’opération de fouille préventive, d’une superficie de 6 500 m², s’inscrit dans des travaux de recherche plus larges sur la ZAC des Coteaux, qui a déjà fait l’objet de plusieurs interventions majeures depuis 2002. Située sur la « Butte Nord », un point topographique élevé, cette parcelle se trouve dans une zone favorable à la collecte de données pouvant participer à la compréhension de la structuration du paysage protohistorique et antique, à proximité immédiate de Saintes, l’antique Mediolanum Santonum.

Trois axes de recherche principaux étaient identifiés, reflétant les enjeux chronologiques et thématiques majeurs de la parcelle :

  • le premier axe concernait le système fossoyé de la fin de l’âge du Fer (La Tène finale), dont la fouille devait permettre de questionner leur fonction défensive, symbolique ou agro-pastorale, et de comprendre l’organisation spatiale interne.
  • le deuxième axe traitait de l’évolution du site à l’époque romaine.
  • le troisième axe développait une approche paléoenvironnementale afin de proposer une reconstitution des paysages, mais aussi l’agriculture, l’élevage, les réseaux d’échange et les activités artisanales anciens.

Les vestiges protohistoriques et antiques

Le décapage intégral a permis de confirmer la localisation des vestiges attendus, tout en révélant une densité très élevée d’anomalies naturelles, telles que des bioturbations et des faits géologiques (Fig.1).

Fig. 1 : Orthophotographie réalisée par drone à l’issue du décapage mécanique. Crédit : Éveha 2025.

Concernant la Protohistoire et l’Antiquité, les travaux ont confirmé la présence de trois fossés protohistoriques et/ou antiques parallèles, auxquels s’ajoutent d’autres fossés dessinant un enclos ou des parcelles (Fig. 2). L’emprise a également livré des fosses et des trous de poteau très arasés et isolés. L’absence de plans de bâtiments évidents de type greniers a été confirmée, l’identification d’une organisation cohérente de trous de poteau étant rendue difficile par le nombre élevé de faits annulés d’origine naturelle.

Fig. 2 : Plan masse. Crédit : Éveha 2025.

Une découverte notable concerne la fosse F 1033, une fosse oblongue au profil en « Y » qui mesure environ 2,80 m de long et 1,80 m de profondeur. Elle est coupée en partie haute par un fossé gallo-romain daté de la seconde moitié du 2e siècle apr. J.-C. Cette fosse, dont les dimensions évoquent l’hypothèse d’une fosse de chasse (Fig. 3), a livré des tessons de céramique semblant appartenir au répertoire néolithique, ainsi qu’une pièce de bois bien préservée (Fig. 4).

Fig.3 : Fosse F 1033, vue en coupe (Fosse de chasse néolithique ?). Crédit : Éveha 2025
Fig.4 : Fosse de chasse?, détail montrant la pièce de bois préservée dans le comblement. Crédit : Éveha 2025

Des vestiges funéraires pour le Moyen Âge et l’époque Moderne

Pour les périodes post-antiques, un fossé a été identifié comme étant un fossé de parcellaire moderne. Deux sépultures ont été mises au jour. La première est une sépulture isolée de conservation médiocre (Fig. 5) qui a livré une fibule en « C » datable de la période mérovingienne. La seconde inhumation est une réduction de sépulture : il s’agit d’un ossuaire dans un contenant en calcaire (Fig. 6) d’un individu adulte dont le squelette a été démonté et reconditionné à l’Époque moderne et placé dans le remblai d’une fosse d’extraction de calcaire. Le matériel sporadique associé semble également indiquer une datation tardive de l’Époque moderne.

Fig.5 : Sépulture F 1020. Crédit : Éveha 2025.
Fig.6 : Sépulture F 1058 en cours de fouille. Crédit : Éveha 2025.

Les recherches à venir

La post-fouille devra impérativement confirmer la datation néolithique de la fosse par une analyse 14C sur la pièce de bois et par des analyses xylologiques et anthracologiques, afin de collecter de précieuses données pour le dossier paléoenvironnemental. L’expertise du petit mobilier, notamment la fibule mérovingienne, devra également être réalisé afin de mieux cerner le profil des occupants du site. Enfin, il sera nécessaire d’étudier l’organisation et la chronologie absolue et relative du système fossoyé et d’intégrer le phasage des sépultures mérovingiennes et modernes dans l’histoire de l’occupation du site.