TARBES (65) – 6 rue Gaston-Manent-Hôtel du département

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Tarbes (65) – 6 rue Gaston-Manent – Hôtel du département ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Louise Biscarrat, dans le cadre du projet d’aménagement porté par le Conseil départemental des Hautes Pyrénées. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés de l’Antiquité, du Moyen Âge et de l’Époque moderne.

Les objectifs scientifiques de la fouille

L’opération devait contribuer à la connaissance de l’histoire du quartier cathédrale de Tarbes en identifiant, caractérisant, documentant et en datant, le cas échéant, les occupations les plus anciennes du secteur. Il s’agissait également de renseigner l’occupation médiévale dans cet espace situé au cœur du bourg de la Sède immédiatement au sud-est du cloître et à l’est du palais épiscopal. Il était également nécessaire d’étudier d’autres types d’occupations éventuelles, ainsi que l’articulation de ce secteur avec le palais épiscopal, le groupe cathédrale et le canal de l’Ayguerote qui le bordait au sud.

Les différents sondages opérés lors de la fouille

Quatre tranchées ainsi que deux sondages ont été réalisés.

Fig.1 : Plan général des vestiges. Crédit : Éveha, 2026.

Au sud et à l’ouest de l’emprise, aucun vestige n’a été observé, les niveaux ont tous été remaniés par la construction du bâtiment du Conseil départemental et par les très nombreux réseaux parcourant cet espace. Ici, le suivi n’a permis d’observer que des remblais et niveaux de démolition contenant du mobilier et de la Terre Cuite Architecturale (TCA). Néanmoins, la partie sud-est de l’emprise semble moins perturbée, deux maçonneries accolées, orientées nord-sud et un squelette d’équidé ou bovidé a été dégagé dans la tranchée 2. De même, une maçonnerie orientée nord-sud accolée à un mur orienté ouest-est ont été observés dans la tranchée 3. Aucun niveau de sol fonctionnant avec ces murs n’est conservé, mais ces maçonneries s’insèrent parfaitement avec les murs dégagés lors du diagnostic. Ces vestiges confirment une occupation bâtie importante de ces parcelles au Moyen Âge et/ou à l’Époque moderne.

Fig.2 : Vue générale du sondage 1. Crédit : Éveha, 2025.

Au nord-ouest de l’emprise, le sondage 1, la tranchée 5 et le sondage 6 se sont révélés plus prolifiques en matière de vestiges. En effet, plusieurs maçonneries et niveaux de sols ont été dégagés. Dans le sondage 1, les niveaux archéologiques n’apparaissent qu’à une quarantaine de centimètres de profondeur. Un mur orienté ouest-est a été dégagé au sud du sondage, au nord duquel sont conservés deux niveaux de sol : un premier niveau formé par des gravillons, puis un deuxième niveau en mortier. L’ensemble est fortement perturbé par du racinaire ainsi que des réseaux. Ces niveaux de sols et ce mur sont également visibles, à l’ouest, dans la tranchée 5. Le nord-ouest du sondage est occupé par l’angle d’un bâtiment qui se poursuit vers l’ouest et le sondage 6. Les deux murs sont construits à l’aide de galets et de tegulae remployées. Le parement ouest du mur nord-sud a été dégagé sur 1 m de hauteur lors de la réalisation du sondage 6, mais la base de ses fondations n’a pas été atteinte.

Fig.3 : Vue du sol en mortier de tuileau dans le sondage 6. Crédit : Éveha, 2025.

Le sondage 6 s’est avéré particulièrement concluant d’un point de vue archéologique. Il a permis de dégager une succession de quatre niveaux de sol. Sous les niveaux de remblais du parking, on observe dans un premier temps un niveau de mortier de chaux qui recouvre un niveau de sol en terre battue formé par une couche d’argile verte très homogène. Ce niveau argileux vient lui-même s’installer sur le niveau de sol en mortier de tuileau observé au cours du diagnostic et attribué à l’époque antique. Le radier en galet de ce sol s’installe quant à lui sur un premier niveau de sol également construit en mortier de tuileau. Ces deux sols en mortier de tuileau sont par ailleurs coupés par le mur situé à l’est du sondage. Enfin, sous le premier niveau de sol, un niveau argileux charbonneux et rougeâtre contenant de nombreux charbons a été dégagé. Il correspond au niveau d’arrêt de fouille. Les différents éléments de mobiliers prélevés dans les sols permettront de mieux appréhender les datations de ces occupations successives.

Fig.4 : Une maçonnerie dans la tranchée 2. Crédit : Éveha, 2025.

Aucune sépulture n’a été observée lors du suivi de travaux, mais les niveaux funéraires observés lors du diagnostic n’ont pas été atteints au cours de l’opération.

Problématiques scientifiques de la post-fouille

La post-fouille permettra de préciser les datations des niveaux dégagés grâce aux études de mobilier. L’étude historique et archivistique permettra de mieux comprendre l’évolution de ce quartier de Tarbes aux différentes périodes chronologiques.