MERGEY (10) – Rue des Vordres – Phase 2

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Mergey (10) – Rue des Vordres « derrière l’église » – Phase 2 ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Jean-Baptiste Sinquin dans le cadre du projet d’aménagement porté par la commune de Mergey. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés de la Protohistoire et de l’époque contemporaine.

Objectifs scientifiques

Les problématiques scientifiques comprenaient tout d’abord le décapage en aire ouverte de 4 000 m² de l’emprise de fouille.

Une attention toute particulière devait être accordée aux fosses présentes dans la partie sud de l’emprise, l’une d’entre elles ayant été interprétée comme une fosse de chasse au cours de la phase de diagnostic.

L’occupation domestique devait également être caractérisée et son étendue cernée. Une problématique devait se dégager afin de comprendre s’il existait une organisation autour d’un espace central et si cet habitat était, ou non, clos. Enfin, il s’agissait de déterminer si cette occupation était uniquement à vocation agro-pastorale ou si des traces d’artisanat pouvaient être mises en évidence.

La fouille devait procéder à un curage intégral des structures funéraires et des architectures associées. La fouille des fossés des enclos devait s’intéresser particulièrement au mobilier qui pouvait y être piégé et à la présence ou non de vestiges architecturaux (installation de poteaux, de levée de terre). Le calage chronologique des tombes monumentales se devait d’être un des points principaux concernant la nécropole. En effet, il s’agissait de définir si ces tombes monumentales jouaient un rôle fondateur pour des tombes plus modestes.

Si la photographie aérienne semble indiquer que la nécropole se poursuit au-delà de la zone prescrite, par la présence de monuments similaires dans les parcelles adjacentes, il s’agissait ici de l’occasion de caler chronologiquement l’intégralité de la nécropole repérée.

Fig.1 : Vue en coupe d’une fosse de chasse en V ou en Y. Crédit : Éveha, 2025.

Des fosses de chasse

Cinq fosses répertoriées comme des fosses de chasse ont pu être identifiées sur le terrain lors du diagnostic et de la fouille. Trois, localisées dans la zone décapée à proximité de la nécropole protohistorique, sont approximativement alignées, leur axe suivant le pendage du versant (FT 45, 48, 51). Ces fosses, de dimensions comparables, se distinguent par un remplissage essentiellement composé de l’érosion de leurs parois (Fig.1). Ces fosses ne contiennent pas de mobilier, en dehors du fait 45 dans lequel des fragments d’ossements sont localisés dans le fond. Les deux dernières fosses de chasse sont localisées dans la zone sud. Elles ont été sondées lors du diagnostic (FT 15 et 24) et l’une d’elles contient des ossements de bovidés, possiblement d’aurochs (FT 24). La fouille de la fosse 24 a permis d’observer qu’une partie du rachis et des côtes est en connexion dans le fond de la fosse (Fig.2) tandis que le reste des ossements (crâne, membres…) est bouleversé au-dessus. Il est à noter qu’une pointe de flèche en silex a été mise au jour quasiment au contact de l’échine du bovidé (Fig.3). L’analyse archéozoologique suggère une décomposition de la carcasse à l’air libre bien que certains déplacements osseux pourraient témoigner de traces de débitage.

Fig.2 : Ossements de bovidé en connexion. Crédit : Éveha, 2025.
Fig.3 : Pointe de flèche en silex. Crédit : Éveha, 2025.

La nécropole protohistorique

L’occupation funéraire de l’âge du Bronze est représentée par un enclos fossoyé circulaire et deux tombes (Fig.4). Le diamètre extérieur de l’enclos mesure 13,70 m, il présente une interruption de 2,17 m au sud-est. Le fossé est large d’environ 1 m, son profil en V conservé sur près de 0,60 m de profondeur. Quelques fragments de céramiques de l’âge du Bronze sont localisés dans son comblement. Une sépulture, dont les dimensions sortent de l’ordinaire, est localisée en plein centre de l’enclos. Elle semble malheureusement vide de vestige, seuls quelques fragments de vases dont les formes suggèrent qu’ils datent de l’âge du Bronze et un minuscule fragment de roche (?) verte polie inférieur à 2 cm de long se situent à l’intérieur de celle-ci.

Fig.4 : Vue aérienne de l’enclos funéraire. Crédit : Éveha, 2026.

Enfin, le dernier élément correspond au fond d’une fosse rectangulaire conservée sur moins d’une dizaine de centimètres de profondeur pouvant s’apparenter au fond d’une tombe.

Le bâtiment sur poteaux

Au centre de la parcelle fouillée, les vestiges d’un bâtiment d’au moins six poteaux sont conservés (Fig.5). Le plan dessiné par les trous de poteau est rectangulaire, d’environ
5,50 m de long pour 3,50 m de large. Les poteaux sont implantés sur les petits côtés du bâtiment. Leur comblement a livré un fragment de poterie protohistorique.

Fig.5 : Vue aérienne du bâtiment sur poteaux. Crédit : Éveha, 2025.

Les périodes contemporaine et moderne

Ces périodes sont représentées par deux dépôts de carcasses d’animaux domestique : l’une d’un cheval (Fig.6) et l’autre d’une espèce encore à identifier.

Fig.6 : Carcasse incomplète moderne ou contemporaine d’un cheval. Crédit : Éveha, 2025.

Problématiques scientifiques de la post-fouille

Les travaux de post-fouille sont actuellement en cours de réalisation. Ils devront permettre d’affiner les datations, d’étudier l’environnement des fosses de chasse, notamment par le biais d’une étude malacologique (étude des coquillages) et archéozoologique.