Les fouilles archéologiques menées sur le site de Pré Neuf à Saint-Pantaléon-de-Larche (19) ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Jérôme Lachaud, dans le cadre du projet d’aménagement porté par Communauté d’agglomération du bassin de Brive visant à aménager un accès routier nord à la ZAC Brive-Laroche.
Les fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés de l’Antiquité.
Objectifs scientifiques
Cette opération archéologique devait se concentrer sur l’identification des structures et l’étude du mobilier associé sur une superficie de 1 400 m². Elle devait, d’une part, permettre d’affiner la chronologie des vestiges et de mettre en perspective les résultats avec les activités potières dans un contexte local (à l’échelle du bassin de Brive) et, d’autre part, avec l’habitat rural antique orienté vers l’artisanat à l’échelle régionale.
Il s’agissait donc d’identifier l’organisation spatiale des vestiges et caractériser leur fonction pour appréhender le statut du site (activité artisanale seule ou associée à un habitat ?). Il fallait également étudier les structures en creux et plus particulièrement les trous de piquet ou poteau, ce qui devait permettre, dans un premier temps, de déterminer les types de construction (bâtiment d’habitat, clôture, grenier, aménagement en lien avec une activité artisanale etc.). Dans un deuxième temps, leur reconnaissance devait permettre de définir leur fonction et plus largement le statut du site.
Le référentiel local du mobilier céramique pour l’Antiquité, tout comme pour les périodes historiques suivantes, étant relativement pauvre, il apparaissait indispensable de prélever l’ensemble des artefacts mis en évidence sur le site pour élaborer une potentielle ébauche de référentiels typologiques.
L’évolution des interactions Homme/Milieu devait par ailleurs être appréhendée grâce à l’intégration des données archéobotaniques et paléoenvironnementales, après réalisation de test de tamisage positif. Un protocole de prélèvements ciblés et adaptés aux structures mises au jour devait être mis en place pour confirmer les hypothèses avancées au diagnostic archéologique, à savoir une activité artisanale tournée probablement vers un atelier de potier.
Enfin, concernant l’axe routier hypothétique mis au jour lors du diagnostic, il convenait de caractériser sa mise en œuvre, sa composition, son fonctionnement et le cas échéant, son évolution dans le temps.
Une occupation antique très localisée à vocation artisanale
Un total de 56 structures fossoyées a été identifié, parmi lesquelles on dénombre sept fossés, vingt-quatre fosses, neuf trous de poteau ou piquet ainsi qu’un chablis, un drain ou fossé et une voie ou fossé (Fig.1).
La totalité du mobilier céramique récolté en contexte se rattache au Haut-Empire (1er-2e siècle de notre ère). Il est envisageable que la majeure partie, voire l’ensemble du site mis au jour, s’inscrive dans cette période, bien que tous les vestiges n’aient pas livré de mobilier.

La principale zone dense en vestiges se situe au sud de l’emprise, au sein de laquelle une série de fosses de dimensions très variables se répartit sans organisation évidente entre plusieurs fossés, parfois proches les uns des autres et pour la plupart orientés selon un axe est-ouest (Fig.2).

Au nord de l’emprise, une hypothétique voie, avec son fossé bordier, constituent les principaux vestiges (Fig. 3 et 4), mais pas les seuls, quelques fosses et un drain (ou fossé) étant également à signaler. L’hypothétique voie présente sur ses 16 m étudiés un profil variable, tantôt régulier et en cuvette, tantôt asymétrique et plus ou moins évasé. Un prélèvement pour analyse micromorphologique tentera de déterminer si des niveaux de circulation subsistent dans son comblement.


Aucun vestige de bâtiment n’a été reconnu, ni de structure artisanale clairement identifiée, mais certaines fosses (à trous de poteau internes ou de plan et profil irrégulier) suggèrent d’éventuelles vocations artisanales ou économiques (Fig. 5 et 6). L’hypothèse, évoquée dès le diagnostic préventif, de la proximité d’un atelier gallo-romain de potier ou tuilier, tend à se confirmer, avec la mise au jour d’un lot de céramique aux pâtes homogènes, mais aussi de Terre Cuite Architecturale (TCA), pouvant correspondre à des rebuts de cuisson ou des éléments utilisés en four. Des fragments de paroi de four ont également été identifiés, en revanche aucune structure de combustion n’est conservée sur l’emprise de fouille.


Problématiques de la post-fouille
La post-fouille tentera de préciser l’interprétation des vestiges et leur organisation, d’en confirmer la datation, l’éventuelle contemporanéité des vestiges entre eux et de valider ou non l’hypothèse de la présence d’un atelier de potier gallo-romain dans le proche environnement du site.


