Les fouilles archéologiques menées sur le site de BOURGES (18) – Chemin du Moulin Bâtard ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Alexis Guerraud dans le cadre du projet d’aménagement porté par des particuliers . Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés de la Protohistoire et de l’Antiquité.
Objectifs scientifiques
Un diagnostic archéologique, réalisé par Bourges Plus en juin 2025, avait précédé la construction prévue d’une maison individuelle au lieu-dit « Chemin du Moulin Bâtard » à Bourges (18). Cette première intervention avait permis de mettre au jour 18 faits archéologiques, principalement des structures fossoyées, des niveaux d’occupation et d’abandon datant essentiellement des périodes protohistoriques et gallo-romaines.
L’objectif principal de cette fouille était d’approfondir les connaissances sur l’organisation et la fonction des occupations du Premier âge du Fer et de l’époque gallo-romaine.
Il s’agissait notamment d’identifier, de caractériser et de dater le plus précisément possible l’ensemble des vestiges, ainsi que de comprendre la formation de la séquence sédimentaire.


Une occupation protohistorique de l’âge du Bronze au début de l’âge du Fer (La Tène ancienne)
Le site se trouve à l’ouest de l’agglomération de Bourges, en pied de versant sur la rive gauche de l’Yèvre. Cette rivière, affluent du Cher, structure le paysage en entaillant le plateau de la Champagne berrichonne selon un axe est-ouest. Le canal de Berry passe à environ 80 m de la zone de fouille, s’écoulant entre celle-ci et le bief du moulin Bâtard sur l’Yèvre.


L’opération a permis de localiser, dans la partie centrale de l’emprise, des fosses d’extraction polylobées. Ces creusements, matérialisés par plusieurs cuvettes, témoignent du prélèvement de calcaire issu du substrat naturel. Ce type de dispositif a été interprété comme la trace d’anciennes carrières de matériaux, un phénomène déjà observé lors de la fouille du « Chemin de Vouzay » (Guerraud 2025).


Parmi les autres structures documentées sur le site, le silo F100, localisé au nord, se distingue par sa forme circulaire à l’ouverture et piriforme/tronconique en profil.

Découverte dans la partie sud, la fosse à pierres chauffées F149 est orientée est-ouest. Cette structure a été divisée en plusieurs sondages afin de faciliter l’étude stratigraphique ainsi que la localisation précise du mobilier archéologique.

Un parcellaire et une zone d’occupation antique
Quatre tronçons de fossé ont été mis au jour dans les parties sud et nord de l’emprise, définissant deux systèmes fossoyés distincts. Le premier suit des axes ouest-sud-ouest/est-nord-est puis sud-sud-est/nord-nord-ouest, et le second est-ouest puis nord-sud. Ces orientations sont cohérentes avec celles observées sur les opérations voisines et s’inscrivent dans une dynamique d’aménagement du territoire, suggérant une dépendance probable au terroir de la villa du « Domaine de Vouzay », fouillée en 2013.

Une palissade a également été mise en évidence dans le secteur sud sur une longueur minimale de 15 m, composée d’au moins huit trous de poteau. Certaines de ces structures présentaient des calages en blocs calcaires et des fragments de TCA (Terre Cuite Architecturale).

D’autres trous de poteau, découverts à proximité, pourraient composer des aménagements supplémentaires. L’étude du mobilier récolté et celle des différents niveaux stratigraphiques associés permettront de préciser le plan de ces structures et d’apporter des indices supplémentaires sur l’occupation de cette zone.
Structures de datation indéterminée
Un ensemble de trous de poteau et de fosses sub-circulaires a également été identifié au nord de l’emprise. Cependant, l’état actuel des données ne permet pas de restituer un plan de bâtiment dans ce secteur ni d’en proposer une datation.
Problématiques scientifiques de la post-fouille
L’objectif principal de cette fouille était d’approfondir les connaissances sur l’organisation et la fonction des occupations du premier âge du Fer et de l’époque gallo-romaine.
La phase de post-fouille est actuellement en cours et s’attache, notamment, à identifier, caractériser et dater le plus précisément possible l’ensemble des vestiges, ainsi que de comprendre la formation de la séquence sédimentaire.


