Les fouilles archéologiques menées sur le site d’Agen (47) – Place Armand Fallières ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Théo Martin dans le cadre du projet d’aménagement porté par la commune d’Agen. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés de l’Antiquité et de l’Époque moderne.
Objectifs de la fouille
L’opération avait comme objectif scientifique la reconnaissance, l’étude des vestiges qui seront à replacer dans le contexte spatial et chronologique de la ville d’Agen.
Cette opération permettait d’alimenter les données issues d’opérations précédentes et à venir. Des indices du Bas-Empire permettaient de mieux cerner les limites de la ville antique d’Aginnum à cette époque.

Une occupation du Haut-Empire
L’occupation principale du site est à mettre dans un contexte d’habitat du Haut-Empire où les niveaux augustéens ont pu être atteints. Elle se caractérise par une aire artisanale composée de plusieurs fosses de travail associées à un ou plusieurs fours délimités au nord par un mur parcellaire. Ces derniers sont construits de la même manière et semblent aménagés durant le règne d’Auguste et ce jusqu’au règne de Claude. Cette aire est abandonnée à la suite d’une inondation scellant l’ensemble des niveaux de cette période. Il faut attendre quelques décennies pour avoir de nouvelles structures associées au Haut-Empire. Il s’agit, au nord, d’un mur délimitant probablement un espace de circulation qui a pu être observé en limite de fouille, sur à peine un mètre de largeur.
L’ensemble est abandonné au cours du 2ᵉ siècle de notre ère, où il n’y a plus de structure avant l’Époque moderne. Cette dernière est représentée par une voie observée sur presque toute l’emprise de fouille reliant la ville aux nouveaux pôles créés à partir du 16ᵉ siècle.

Problématiques scientifiques de la post-fouille
Plusieurs points ont été révélés lors de ce suivi de travaux. Tout d’abord, les fouilles permettant d’observer les niveaux augustéens de la ville d’Aginnum sont peu nombreuses, ne nous permettant pas de comprendre les premières occupations de la cité. Cette fouille a confirmé la présence d’une occupation dès la création de la ville avec des quartiers définis et des zones artisanales, pour la partie méridionale. Il faudrait d’autres fouilles en aires ouvertes pour apporter plus d’informations et comprendre l’organisation de la cité dès sa genèse. En revanche, le peu de fouille a démontré un potentiel de conservation important pour les niveaux les plus anciens, puisque scellé par des épisodes d’inondations de la Garonne. Les travaux de post-fouille sont actuellement en cours et devront permettre de mieux comprendre cette aire artisanale.


