BLOIS (41) – 26 bis rue Pierre Mosnier

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Blois (41) – 26 bis rue Pierre Mosnier ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Mélanie Jouet dans le cadre du projet d’aménagement d’une maison individuelle. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour les vestiges d’une voie antique et ses abords.

Objectifs scientifiques

L’objectif de cette opération d’archéologie préventive était la caractérisation et la datation des composantes mises au jour lors du diagnostic, à savoir les vestiges d’occupation antiques le long d’une voie. Les données devaient être mises en perspective avec les résultats des opérations voisines.

Contexte archéologique de l’opération

La fouille préventive menée au 26 bis rue Pierre Mosnier à Blois se situe dans la plaine alluviale du quartier Vienne. La parcelle étudiée (580 m²) a révélé des vestiges du Haut-Empire (-52 avant à 245 de notre ère) dans un contexte archéologique bien documenté. Elle se situe dans l’agglomération antique de Blois, aujourd’hui dans le quartier Vienne au sud de la Loire, structurée autour d’un pont et d’une voie correspondant aux actuelles rues Munier et Croix Boissée. Longtemps associé à des nécropoles antiques, ce secteur apparaît désormais, grâce aux recherches récentes, comme fortement urbanisé dès le Haut-Empire. Aussi, les interventions archéologiques voisines récentes ont mis en évidence une occupation dense mêlant habitat, artisanat et activités cultuelles (fanum) intégrée dans une trame urbaine organisée (voies, fossés parcellaires, îlots) structurée dès le 1er s. de notre ère, avec une évolution continue jusqu’au 3e s.

Présentation des résultats scientifiques

Cette opération a permis d’ouvrir une fenêtre sur un îlot urbain articulé de part et d’autre d’une voie du Haut-Empire.

Les vestiges mis au jour se composent de fosses dépotoirs et d’extraction, de trous de poteau, de petites caves modestement parementées et de celliers, de puits, ainsi que de structures pouvant être interprétées comme de possibles latrines. L’ensemble s’organise en espaces parcellaires de part et d’autre d’une voie identifiée lors du diagnostic archéologique.

Fig.1 : Plan masse de l’emprise de fouille. Crédit : Éveha 2026.

Une voie de circulation du Haut-Empire

Un sondage implanté sur la bordure orientale de l’emprise de fouille a permis de distinguer trois phases d’utilisation de l’axe, chacune marquée par la succession d’un remblai de préparation, d’un niveau de cailloutis et d’un niveau d’occupation. L’ensemble est scellé par un remblai épais traduisant l’abandon de la voie et le nivellement de la parcelle. Ces états sont associés à trois fossés bordiers principaux aux relations stratigraphiques complexes, présentant des traces d’érosion en lien avec les réfections successives de l’axe, et témoignant de réaménagements répétés de ses abords.

Les abords de la voie

L’ensemble s’inscrit dans un réseau urbain antique structuré, orienté nord-ouest – sud-est. Des alignements de trous de poteau suivant l’axe de la voie suggèrent la présence de constructions en matériaux légers.


Fig.2 : Objet en plomb découvert dans l’un des fossés bordiers de la voie antique. Crédit : Éveha 2026.

Le mobilier, très abondant, indique la coexistence d’activités domestiques et artisanales, notamment la boucherie, le tissage et la forge. D’autres éléments sont associés aux activités de construction, notamment des terres cuites architecturales, des clous et des fragments de mortier. Des éléments significatifs ont également été mis au jour, tels qu’un vase en verre complet, des objets en plomb (fermeture de renfort ou chute de travail) (Fig. 2), ainsi que des éléments de plaquage de mobilier et de charnière (Fig. 3).


Fig.3 : Élément de plaquage de mobilier. Crédit : Éveha 2026.

Après l’abandon, les vestiges ont été arasés puis recouverts par des remblais, possiblement liés à une occupation médiévale ou moderne, tandis que des perturbations plus récentes ont également été observées.

Problématiques scientifiques de la post-fouille

Le mobilier archéologique collecté présente une certaine diversité (fragments de céramique, de terres cuites architecturales et d’ossements animaux, objets métalliques, déchets métallurgiques, etc.). Les vestiges céramiques, particulièrement nombreux, témoignent d’une fréquentation à caractère domestique des lieux, sans toutefois que des structures d’habitat aient été identifiées sur le site ; celles-ci semblent plutôt se situer à proximité. Des prélèvements ont également été réalisés afin de préciser les activités en bordure de voie, les pratiques alimentaires et le statut des occupants de ce secteur.
Ils feront notamment l’objet d’analyses carpologiques, anthracologiques, du phosphore organique et des phytolithes.