AGEN (47) – Place du maréchal Foch

Les fouilles menées sur le site d’Agen, place du maréchal Foch, ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Claire Pesenti. Elles interviennent dans le cadre du projet d’aménagement du parvis de la cathédrale initié par la ville d’Agen. La mise au jour fortuite d’un sarcophage et d’une calade (voie pavée) a motivé la prescription d’une fouille archéologique préventive. Les investigations archéologiques se sont limitées à la côte des travaux, exception faite du secteur du sarcophage. Elles ont permis de mettre au jour une voirie, peut-être médiévale, percée par des dizaines de sépultures creusées en pleine terre. À l’ouest de l’emprise de fouille, un bâtiment, dont la fonction originelle reste indéterminée, a été réoccupé en caveau collectif. Il s’agit de sépultures en cercueil où un chapelet a été découvert.

La principale zone de fouille se trouvait autour du sarcophage. Une maçonnerie, présentant des traces d’enduit peint et antérieure à la mise en place du sarcophage, a été mise en évidence. Ce dernier était installé dans un bâtiment interprété, pour l’instant comme memoria, et sur une sorte de piédestal maçonné. La cuve rectangulaire (2 x 0,80 m pour 0,43 m de haut), vierge d’ornements, présentait néanmoins de très nombreuses traces d’outils (pic et marteau taillant). Elle était recouverte d’un couvercle en bâtière orné d’un décor en écailles de poisson sur les grands côtés et d’un décor végétal sur les petits côtés. Une rosace, disposée à l’intérieur d’un cadre décoratif, était également présente sur la face nord. La cuve et le couvercle ont été façonnés dans du marbre des Pyrénées et sans doute transportés par voie fluviale. À l’intérieur de la cuve, un individu de sexe masculin entre 40 et 50 ans était inhumé sur un lit de charbons et sa tête était calée entre deux fragments de tore (moulure pleine au relief arrondi). Robuste, il souffrait néanmoins d’arthrose et d’une calcification du cartilage thyroïdien. Aucun objet n’accompagnait le défunt. Le sarcophage a été retiré et déposé dans le dépôt du service régional de l’Archéologie d’Agen dans l’attente d’une éventuelle mise en valeur du site.

On accédait à cette tombe privilégiée par une porte disposée à l’est. La circulation à l’intérieur du mausolée est cependant difficile à percevoir à cause des nombreuses sépultures qui y ont été retrouvées. En effet, l’importance de cette construction et, sans doute, du personnage inhumé dans le sarcophage, incita vraisemblablement la population à se faire enterrer à proximité durant plusieurs siècles.

Ce secteur témoigne ainsi de l’évolution des types d’architecture funéraire : on note des tombes en coffre, constituées de blocs calcaires taillés, connues au XIe siècle, remplacées par des coffres en briques autour des XIIIe-XIVe s., puis par des fosses creusées dans la terre et enfin des cercueils caractéristiques de la fin de l’Époque moderne et du début de l’époque contemporaine. On constatera également la concentration, dans un tout petit périmètre, d’inhumations d’enfants et de très jeunes enfants à proximité de la chapelle axiale.

Une autre phase de travaux aura lieu en janvier 2020 dans la rue Raspail. En attendant, les études du mobilier ainsi que les données récoltées vont être traitées et permettront d’affiner nos connaissances de ce site et de son occupation.

Responsable d’opération : Claire Pesenti

Suivi SRA : Philippe Coutures

Suivi Éveha : Jean-Luc Piat

CAHORS (46) – Rue du Port Bullier

Un suivi de travaux a été mené à Cahors (46) par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Célia Condello. Il intervient dans le cadre de la réhabilitation des réseaux humides en secteur sauvegardé à la jonction de la rue du port Bullier et du quai de Regourd qui surmonte le Lot.

Les remblais et les niveaux géologiques

Dans la tranchée de 28 m², ouverte pour l’assainissement, il a été nécessaire d’atteindre 3,50 m de profondeur sur le dernier tiers de l’emprise en raison de la surélévation du quai de Regourd depuis la rue du Port Bullier. Des remblais conséquents et de multiples réseaux ont été mis au jour au-dessus et au niveau des vestiges archéologiques. Aucun niveau géologique n’a été atteint, même à cette profondeur, et par conséquent aucun renseignement sur la géomorphologie alluviale du Lot n’a pu être recueilli.

Les vestiges archéologiques

Le niveau d’une ancienne une calade – rue pavée – de galets posés de chant a été découvert et suivi sur une grande partie de la tranchée. Cette calade est apparue entre 1 m et 2 m de profondeur, ce qui démontre le fort rehaussement du quai à l’époque moderne. Elle s’insérait entre un très long mur de pierres calcaire côté Lot, qui correspond a une délimitation parcellaire (enceinte médiévale, parcellaire moderne ?), et quelques apparitions de murs en parallèle côté ville, dont probablement le soubassement, en début de tranchée, de la porte Bullière connue dans les textes et l’iconographie. Plus loin, une arche massive en brique ,mise au jour au niveau le plus bas, se situe dans ce dernier alignement. Non traversante, elle ne peut par conséquent pas correspondre à l’égout ovoïde déjà découvert dans Cahors mais peut s’interpréter davantage comme le niveau inférieur d’un bâtiment médiéval.

Les études du mobilier et des données récoltées se poursuivent actuellement et permettront d’affiner ces connaissances qui révèlent déjà des données inédites dans cette partie du secteur sauvegardé juste en contrebas du palais épiscopal de Via.

CINTEGABELLE (31) – Califour et Rego Loungo

Les fouilles menées sur la commune de Cintegabelle, à environ 35 km au sud de Toulouse (Occitanie), au lieu-dit « Califour et Rego Loungo », ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité d’Alexis Corrochano. Elles interviennent dans le cadre du projet de construction du futur collège de la commune, porté par le Conseil départemental de la Haute-Garonne. Pendant six mois, une équipe d’Éveha a ainsi découvert, fouillé et enregistré plus de 650 vestiges archéologiques sur une surface de 1,3 ha, à quelques centaines de mètres de l’Ariège, au sud-ouest du centre villageois de Cintegabelle.

La majeure partie des vestiges correspond des sépultures à inhumation et à des fosses de type silo-dépotoir, ces deux domaines constituaient d’ailleurs les objectifs principaux de la prescription archéologique établie par le Service régional de l’archéologie d’Occitanie (DRAC/SRA).

D’autres vestiges ont également été découverts. Ils permettent, à l’issue de l’opération sur le terrain, de proposer un premier phasage des occupations du site. Celles-ci se répartissent pour le moment en trois étapes principales.

L’occupation antique

À la fin de l’Antiquité, le secteur appartient probablement à un domaine rural de type villa : un établissement gallo-romain ayant été reconnu dans les années 1960-1970 à quelques centaines de mètres au nord-ouest seulement, au lieu-dit « Ville ». Sur le site, les vestiges de cette période sont peu nombreux mais très éloquents. Un trésor monétaire déposé dans une amphore a été découvert dans un état d’arasement très avancé : 200 monnaies ont cependant pu être découvertes, une première estimation (à confirmer par l’étude à suivre) permet d’envisager au plus tôt le milieu du IIIe siècle pour la période d’enfouissement du dépôt. La découverte d’un bâtiment de plan carré, construit en terre cuites architecturales et galets maçonnés, constitue un autre point fort de la fouille : il s’agit d’un mausolée de la fin de l’Antiquité doté d’un hypogée. Cet espace souterrain, destiné à abriter la sépulture ou les restes d’une famille de riches propriétaires (probablement ceux de la villa), n’a pas livré de mobilier. Il avait été entièrement vidé puis comblé par de puissants apports sédimentaires sur toute sa hauteur conservée. Il était voûté, entièrement enduit et son sol était aménagé en mortier de tuileau. Une porte souterraine entièrement dégagée dans le mur sud, devait permettre d’y accéder en donnant directement sur un élément mis en valeur contre le mur opposé. À cet endroit, deux pilettes espacées d’environ 1,50 m devaient supporter à l’origine une table ou un sarcophage.

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COSSÉ-LE-VIVIEN (53) – Contournement – lot 1

Le lot 1 des fouilles menées en Mayenne dans le cadre du projet d’aménagement d’un contournement routier du bourg de Cossé-Le-Vivien (RD n°771/RD n°4) a été réalisé durant 4 mois, entre le 6 mai et le 27 août 2019, par le bureau d’études Éveha, sous la responsabilité de Laurence Le Clézio.

Dans le cadre de ce lot de fouilles archéologiques, les investigations ont porté sur trois emprises distinctes :

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Conférence : retour sur les fouilles de Clermont-Ferrand !

Cyril Driard (Responsable d’opération, Éveha) viendra parler de la fouille préventive de l’Hôtel-Dieu à Clermont-Ferrand (avenue Vercingétorix) à l’occasion d’une conférence menée à la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) par l’association Utere Felix.

Cette présentation sera l’occasion de revenir sur les nombreuses découvertes et l’incroyable potentiel archéologique de ce secteur de la ville.

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CAUDEBEC-LÈS-ELBEUF (76) – Rue aux Saulniers et rue Lamartine

Les fouilles menées sur le site de la rue aux Saulniers à Caudebec-lès-Elbeuf ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Bruno Lepeuple. Elles interviennent dans le cadre du projet d’aménagement d’un centre commercial par la Sccv Les 3 PHI.

L’opération s’est portée sur une surface de 5,3 ha, à 800 m de la Seine, sur sa rive gauche. Dans un ancien méandre, le site est implanté sur une terrasse de grave, surplombant une zone alluvionnaire de sable, recouverte de limons. Elle s’insère dans un ensemble déjà reconnu, en bordure de l’agglomération antique d’Uggade, déjà bien documentée, et à proximité d’un ensemble bâti au nord, partiellement documenté en 1993. Les modifications du projet d’aménagement ont écarté une large partie septentrionale de la prescription, suspendant une lecture continue avec ces données.

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AMANLIS (35) – Le Bois de Teillay, tranche 1

La première tranche du projet d’extension de la zone d’activités du Bois de Teillay, à cheval sur les communes de Janzé et Amanlis, a donné lieu à la prescription de trois fenêtres de fouilles archéologiques totalisant une superficie de 19830 m². Les fouilles menées sur le site d’Amanlis (35) ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Sébastien Toron.

La première zone (5100 m²) a concerné l’étude d’un enclos à fossé circulaire identifié par photographie aérienne. Le fossé atteint un diamètre de 20 m, il est conservé sur une largeur de 1 m et une profondeur de 0,50 m. Une petite interruption a été identifié à l’ouest dans le fossé. Au centre de l’enclos, une dépression circulaire peu profonde doit être la trace d’une probable fosse à crémation. Quelques tessons de céramique, dont l’état de conservation ne permet pas d’assurer une datation, ont été mis au jour ainsi que des restes de charbons de bois. Les datations radiocarbones sur ces derniers devraient assurer une attribution à la Protohistoire ancienne pour ce type d’ architecture funéraire recensé à de multiples reprises dans la moitié est de la région Bretagne.

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BREUSCHWICKERSHEIM (67) – Niederweiher et Geisenbuckel

Les fouilles menées sur le site de Osthoffen-Breuschwickersheim (Niederweiher et Geisenbuckel) ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Pierre Dumas-Lattaque. Elles interviennent dans le cadre du projet d’aménagement du Contournement Ouest de Strasbourg par ARCOS.

Le site a permis d’observer les vestiges d’une occupation de l’âge du Bronze dans la portion ouest du chantier. Cette occupation est matérialisée par les restes d’un bâtiment rectangulaire situé à proximité de fosses de rejet et d’un fossé dont l’interruption permet d’identifier un système d’entrée. Dans la portion nord, plusieurs fosses et silos sont rattachés à un habitat du début de l’âge du Fer (Hallstatt C-D1). La présence de quelques fragments de céramiques de type Alb-Hegau nous indique une perduration de l’habitat au moins jusqu’au Hallstatt D2-D3.

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