NORDHOUSE (67) – Rues Pfaulmengarten et Nicolas Antoine Kim

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Nordhouse (67) – Rues Pfaulmengarten et Nicolas Antoine Kim ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Marie-Aude Schittly dans le cadre du projet d’aménagement porté par la commune.
Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés du Néolithique au Moyen Âge.

Objectifs scientifiques

Le principal objectif de la fouille était de poursuivre les observations du diagnostic grâce à un décapage extensif de 7336 m².

La fouille devait ainsi notamment permettre de déterminer, cerner et caractériser la continuité et l’évolution de l’habitat antique et alto-médiéval.

Fig. 1 : Orthophotographie du site de Nordhouse – Rue de Pfaulmengarten. Crédit : Éveha 2025.
Fig. 2 : Plan masse du site de Nordhouse – Rue de Pfaulmengarten. Crédit : Éveha, 2025.

Bruits de fond pré-protohistoriques

Les plus anciens indices d’occupation du site remontaient à la période du Néolithique. Plusieurs fentes de chasses, principalement regroupées à l’ouest de l’emprise, ont été mises au jour. L’une d’elles (Fig.3) a permis la découverte d’un pot quasi complet permettant de confirmer la chronologie.

Fig.3 : Fente de chasse néolithique avec pot piégé dans la coupe. Crédit : Éveha, 2025.

Plusieurs entités, fosses, trou de poteau ou encore silos ont également permis d’identifier une occupation protohistorique sans pouvoir, pour le moment, en préciser la chronologie ni l’organisation. La structure la plus marquante pour cette période est probablement le four à galets chauffés (Fig.4) découvert en limite nord-ouest de l’emprise.

Fig.4 : Four à galet chauffés potentiellement protohistorique. Crédit : Éveha 2025.

Occupations de l’Antiquité au haut Moyen Âge

Les indices d’habitat étaient en revanche clairs pour la période antique. La découverte d’un important regroupement de caves (Fig.5) et de structures de stockage de cette période ont permis de considérer une concentration de cet habitat au nord-est de l’emprise. Les caractéristiques sédimentaires des sédiments comblant ces entités semblent mettre en avant une zone plutôt marécageuse. Cette dernière interprétation trouve des arguments supplémentaires avec l’étude préliminaire de la faune qui a mis en évidence une grande quantité de restes de batraciens.

Fig.5 : Coupe d’une cave antique munie de deux poteaux axiaux. Crédit : Éveha, 2025.

Cet habitat se poursuivait à la période alto-médiévale et se caractérisait par la présence de fonds de cabane peu profonds articulés par plusieurs poteaux au nombre variable (Fig.6). Pour l’heure, une continuité de l’occupation n’a pas encore pu être démontrée, mais il semble que ces entités se concentrent davantage dans la moitié sud de l’emprise et pourraient suspecter un glissement de l’habitat. Aussi, la présence d’un groupe de fonds de cabane à l’ouest du fossé, initialement considéré comme un « Dorfgraben » ou délimitation de village, remet cette dernière interprétation en question.

Fig. 6 : Fond de cabane alto-médiéval avec deux poteaux axiaux et trois poteaux corniers identifiés, Crédit : Éveha 2025.

Dans les entités repérées, il faut signaler la présence d’un édifice sur sablière basse à proximité du groupement de fonds de cabane occidental, ainsi qu’une zone d’ensilage au centre de l’emprise (Fig.7). La présence d’un mulotin, aménagement récent en lien avec une activité céréalière, avait également été mis au jour et s’implantait postérieurement au fossé. 

Fig. 7 : Bâtiment sur sablière basse avec des poteaux environnants et deux silos intérieurs – datation indéterminée. Crédit : Éveha, 2025.

Problématiques scientifiques de la post-fouille

Le site de Nordhouse – Rue de Pfaulmengarten révèle d’ores et déjà une pluralité de structures recouvrant un grand nombre d’activités (chasse, agro-pastorales, stockage, habitat, peut-être artisanat, défense ou drainage, etc) sur une longue période chronologique allant du Néolithique au haut Moyen Âge (Fig.8), sans oublier des aménagement plus récents et anecdotiques des périodes modernes et contemporaines.

Fig. 8 : Fente de chasse néolithique recoupée par un fond de cabane médiéval. Crédit : M. Dahlet et Q. Drillat, Éveha 2025-2026

La fouille s’était, dans un premier temps, attelée à définir dans son entièreté l’occupation médiévale en incluant dans la synthèse générale les résultats des fouilles précédentes sur le secteur de la commune.

Un phasage chronologique plus  fin des vestiges sera nécessaire pour permettre d’identifier les unités d’habitation, appréhender leur spécificité et comprendre l’évolution de l’habitat. L’éventuelle continuité de l’occupation antique au haut Moyen Âge nécessitera une étude céramique exhaustive du corpus. L’organisation spatiale de l’habitat est à appréhender avec ces différentes morphologies. Le fossé interprété comme « Dorfgraben » mis au jour lors du diagnostic semble constituer un élément structurant du village alto-médiéval qu’il sera nécessaire de vérifier. L’étude des cartes anciennes et du parcellaire ancien complètera les données de la fouille. Les plans et le comblement des cabanes excavées devront également être étudiés exhaustivement afin de restituer leur architecture et déterminer leur fonction. Les études pluridisciplinaires associées auront pour objectifs d’approcher les aspects sociaux, économiques et culturels de la communauté. 

Dans un second temps, la fouille portera sur l’occupation protohistorique de manière à comprendre l’organisation spatiale,  le cadre chrono-culturel et son environnement. L’articulation de cette occupation avec le site limitrophe à caractère funéraire de l’âge du Bronze sera à préciser.

Fig. 9 : Inhumation peut être antique, orientée ouest-est. Crédit : M. Dahlet, Éveha 2025-2026

Le troisième objectif de la fouille sera de documenter l’occupation antique pour préciser sa nature, son organisation, son extension spatiale, sa chronologie et son environnement

Fig. 10 : Nordhouse – Rue de Pfaulmengarten en janvier. Crédit : Éveha 2025.