Les fouilles archéologiques menées sur le site de Montelimar (26) – 21 Rue de Dion Bouton, Fortuneau ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Cédric Lepère dans le cadre du projet d’aménagement porté par Véolia. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés du Néolithique, de la Protohistoire et de l’époque contemporaine.
Objectifs scientifiques
La parcelle fouillée, située sur la terrasse du Würm ancien, s’insérait dans un secteur géographique qui fait l’objet d’investigations archéologiques depuis près d’un demi-siècle. D’une façon générale, les installations humaines identifiées couvrent un large segment chronologique allant de la fin du Néolithique ancien aux périodes antique et médiévale. Plusieurs occupations de la fin du Néolithique ancien (5300-5000 av J.-C), des étapes anciennes du Néolithique moyen (4800-4300 av J.-C), du Néolithique final et du campaniforme (3000-2200 av J.-C), du Bronze final (1400-1000 av J.-C) et de l’âge du Fer (800-450 av J.-C) y sont attestées. Toutefois, le pôle d’occupation le plus dense se rapporte sans nul doute au Chasséen (4300-3600 av J.-C). En effet, ce site de Montélimar – Le Gournier entrait dans la catégorie des grands sites de terrasse dont l’extension dépassait les 200 hectares, si l’on en juge par la densité et la distribution des vestiges datant de cette époque. Le rôle central et fédérateur de ces grands sites de plein air a été mis en exergue. Deux propositions en découlent : place centrale constituant une attraction centripète ou site rayonnant sur un territoire de vastes territoires.
Plus spécifiquement, les données archéologiques récoltées à proximité de la parcelle prescrite couvraient 3 principales étapes chronologiques : les étapes anciennes du Néolithique moyen, le chasséen récent (4000-3600 av J.-C) et le Bronze final.
La prescription fixait trois principaux objectifs qui devaient être appréhendés par des fouilles exhaustives. Il s’agissait de déterminer l’organisation et la structuration des vestiges, de préciser la chronologie des espaces occupés et, enfin, de documenter la mise en place des paléosols dans lesquels s’insèrent des vestiges.


Des vestiges épars
La fouille a livré quatre grandes phases d’occupation. La première correspond au Chasséen récent (3900-3600 av. J.-C.) et renvoie à trois fosses et un épandage de mobilier. La deuxième période correspond au Campaniforme (2500 av. J.-C.) avec un possible lambeau de sol. Deux larges fosses ou fonds de silo ont été datés aux environs de 1200 av. J.-C et renvoient à l’âge du Bronze. Enfin, la dernière période correspond aux périodes moderne et contemporaine avec la présence de quatre fosses empierrées, potentiellement des fosses de plantation.


Ces phases sont pleinement dans la continuité des occupations identifiées dans les années 90 en périphérie de la parcelle.
Si la densité de structures reste faible, la mise en contexte des données récoltées sur la parcelle à l’échelle du « Gournier » permettra d’affiner la compréhension de la structuration de ce très grand site.

Problématiques scientifiques de la post-fouille
Le faible nombre de structures limite la caractérisation des installations. L’ articulation entre les faits identifiés sur cette parcelle et les occupations attribuées au grand site du Gournier constitue la principale problématique développée en post-fouille.


