LE THIEULIN (28) – Les carrières des Abbayes du Loir – Zone 1, Les Sablons et Chavannes – Zone B

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Le Thieulin (28), Les carrières des Abbayes du Loir – Zone 1, Les Sablons et Chavannes – Zone B ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Karine Raynaud dans le cadre du projet d’aménagement porté par La Sablière du Thieulin. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés des époques moderne et contemporaine.

Objectifs scientifiques

L’objectif de cette opération d’archéologie préventive était la caractérisation et la datation des composantes mises au jour lors du diagnostic, à savoir des vestiges du Néolithique moyen et du Moyen Âge.

L’opération de fouille préventive avait différents objectifs. Tout d’abord, il s’agissait d’identifier et de fouiller les vestiges des périodes néolithique et médiévale, définir, caractériser l’organisation et la fonction des aménagements et des espaces de cette occupation.

L’opération devait également cerner l’extension de l’occupation et de ses relations avec son environnement, notamment le thalweg, et ainsi permettre une meilleure compréhension de l’évolution de l’occupation médiévale et de son aménagement lors de la mise en place du réseau de voirie dans le contexte de la mise en valeur du territoire à cette période.

Enfin, il s’agissait de replacer ces occupations dans leur environnement et de mettre en relation ces données avec les travaux de recherche menés sur des occupations semblables. Les données devaient notamment être mises en perspective avec les résultats d’opérations conduites localement dans le département de l’Eure-et-Loir et, à une échelle plus large, du Bassin parisien.

Fig.1 : Vue aérienne de la parcelle à fouiller. Crédit : Éveha, 2026.
Fig.2 : Décapage en cours. Crédit : Éveha, 2026.

Présentation des résultats par période chronologique

À la date de rédaction de ces lignes, les éléments permettant des datations chronologiques mis en évidence lors de la fouille sont très limités. Un unique tesson de céramique visiblement non tournée atteste de la présence de communautés fini-préhistoriques sur ce secteur de la commune. La découverte d’une unique pièce de monnaie très altérée mais rapportée à l’Antiquité tardive et retrouvée en position secondaire et hors contexte sera à réintégrer dans les connaissances acquises sur cette période dans le secteur.

Fig.3 : Vue générale de l’emprise de fouilles. Crédit : Éveha, 2026.

Également, un récipient en céramique retrouvé dans une fosse profonde (puisard ?) pourrait appartenir au début de la période médiévale et donner une indication chronologique pour les aménagements de voirie (chemins empierrés) qui lui sont liés. Enfin, la présence de quelques tessons d’Époque moderne prélevés dans les perturbations naturelles ou aménagements bordant le chemin creux axé sud-nord et menant du plateau au lieu-dit les Petites Abbayes permet de confirmer la longue durée d’utilisation de cet axe de circulation.

Fig.4 : Coupe dans la chaussée. Crédit : Éveha, 2026.

Présentation des résultats en fonction des thématiques principales

La thématique principale mise en évidence lors de la phase terrain est une thématique de voirie. Elle est soutenue par deux axes de circulation parallèles et distants que de quelques mètres, qui se sont vraisemblablement succédé dans le temps. Ils sont parallèles et répondent, par conséquent, au besoin de relier les mêmes lieux de desserte. Chaque aménagement montre en revanche une mise en œuvre distincte liée à sa chronologie.
La nature des couches empierrées, remblais et apports successifs forme une part importante de cette thématique. Quelques structures sont en lien avec ces segments de voirie rurale et seront à considérer en ce sens dans le rapport de fouille.

Une seconde thématique était attendue du fait des termes de la prescription et correspond à l’hypothèse de structures de combustion rapportées à la période néolithique. En sortie de fouille et à la date de rédaction de ces lignes, cette thématique n’a pas trouvé de réponse directe puisque les quelques zones de concentration de charbons ne sont pas porteuses d’éléments datant. Enfin, de nombreuses traces d’essartage et des souches brûlées attestent de l’entretien du fond de vallon et de l’ouverture du milieu pour sa transformation en prairie et son exploitation en pacage.

Fig.5 : Zone charbonneuse. Crédit : Éveha, 2026.

Présentation des résultats en fonction des secteurs de l’opération

L’emprise de 8500 m² correspond à un versant orienté nord et relativement pentu, dont la partie basse est marquée par un talweg formant aujourd’hui un fond de vallon étroit et allongé. Sur la partie versant de 5000 m², ont été retrouvés deux fossés parcellaires suivis sur toute la largeur de l’emprise et parallèles, une série d’anomalies liées à la végétalisation et au boisement ancien de la parcelle, et trois zones de concentrations de charbons. Également, la bordure ouest du chemin creux orienté nord-sud et formant limite parcellaire est jalonnée de perturbations d’origine végétale (souches et chablis bordant le chemin). À proximité de ce chemin a également été fouillée une vaste fosse d’extraction de sables du Crétacé supérieur, toujours exploité dans la carrière actuelle dont l’extension a donné lieu à la prescription de fouille. Quelques tessons retrouvés à la base de son comblement nous guideront pour donner une chronologie à cette activité d’extraction de sables. Quelques mètres à l’amont et tout près de l’angle sud-est de l’emprise, trois trous de poteau soutiennent une façade de bâtiment restée sans plan complet et dont la fonction sera à préciser.

Fig.6 : Zone de brulis. Crédit : Éveha, 2026.
Fig. 7 : Chemin empierré. Crédit : Éveha, 2026.

Dans la partie basse de l’emprise, le fond de vallon est structuré et barré par les deux chaussées et empierrées qui le coupent sur son axe transversal. Cette artificialisation du milieu a eu un impact fort sur l’écoulement du petit chenal ayant incisé le vallon et sur le drainage de cette zone basse. Deux drains empierrés en sont le témoin, ainsi qu’une séquence sédimentaire litée qui résulte d’une accumulation de sédiments fins liés à l’accumulation d’eau juste à l’amont de la chaussée la plus récente. Plusieurs petits fossés ont été excavés pour faciliter le drainage dans la partie orientale de l’emprise.

Fig.8 : Fond de foyer. Crédit : Éveha, 2026.

Problématiques scientifiques de la post-fouille

La phase d’étude en post-fouille permettra de dater plus précisément les différentes phases d’occupation du site et de caractériser la fonction de ces espaces. Une étude documentaire sera également menée afin de coupler les données de terrains avec les données textuelles et cartographiques.