SAINT-AVÉ (56) – Mangorvenec

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Saint-Avé (56) – Mangorvenec ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Hugo Gagnant dans le cadre du projet d’aménagement porté par des particuliers. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés de l’Antiquité.

Les objectifs scientifiques de la fouille

Le diagnostic archéologique, prescrit par le Service régional de l’archéologique (SRA/DRAC) semblait confirmer la présence d’une villa gallo-romaine sur la parcelle. La fouille du site de Mangorvenec offrait alors l’opportunité précieuse d’étudier une occupation gallo-romaine rurale sur ce territoire et visait ainsi à améliorer notre compréhension de l’organisation rurale du paysage antique en périphérie de la capitale de cité, Darioritum (actuelle Vannes).

Malgré une emprise de fouille modeste, l’opération devait s’attacher en tout premier lieu à la caractérisation des espaces occupés, leur organisation et leur phasage d’occupation. Les vestiges mis au jour lors du diagnostic semblaient correspondre à une partie de la pars urbana d’une villa gallo-romaine. L’un des enjeux majeurs de la fouille résidait donc dans la caractérisation des vestiges antiques détectés au diagnostic : s’agissait-il véritablement d’un établissement de type villa ?

La fouille devait s’attacher à s’interroger sur les techniques de construction mises en œuvre ainsi que sur l’organisation spatiale et fonctionnelle des espaces domestiques.

Le chemin mis en évidence lors du diagnostic devait être exploré afin de déterminer s’il s’agissait d’un chemin contemporain de l’établissement, voire d’une portion de la voie antique reliant Corseul à Vannes.

Enfin, les résultats de cette opération devaient être confrontés aux données issues de sites comparables à l’échelle locale et régionale afin de commencer à évaluer la diversité morphologique, économique et chronologique des établissements ruraux de ce type dans la région.

Vue au drone de la fouille dans le lotissement de Mangorvenec. Crédit : Éveha, 2025.

Une première occupation antique

La première phase d’occupation du site est caractérisée par la présence d’un fossé parcellaire antique arasé. La céramique mise au jour en son sein suggère pour l’instant une datation du 1er siècle. Quelques anomalies circulaires, possiblement des trous de poteau, pourraient également être rattachées à cette période.

Plan masse de la fouille. Crédit : Éveha, 2025.

L’aménagement de la villa antique au IIe s. de notre ère

La deuxième phase se caractérise par la construction de la pars urbana d’une villa. Il s’agit d’une villa de type « à galerie de façade », fréquente dans le secteur. Le bâtiment rectangulaire mesure 12 m de largeur pour une longueur estimée à 41 m. Celle-ci comprend une galerie de façade (salle J), encadrée par deux pavillons (salles I et K), ainsi que d’au moins sept pièces disposées en enfilade (salles B, C, D, E, F, G, H) et une pièce en abside (salle A). Cette dernière pièce pourrait être un ajout plus tardif. La salle B correspond à une pièce chauffée par hypocauste. Les salles F et G semblent constituer des cages d’escalier ou des couloirs. Une quarantaine de tesselles ont été mises au jour dans la salle E ; il s’agit de tesselles en pâte de verre, probablement issues d’un décor mural. La période de construction de la villa pourrait se situer au IIe siècle. Une large fosse d’extraction semble associée au chantier de construction de la villa. Sa phase d’occupation est pour l’instant provisoirement située entre le 2ᵉ et le 4ᵉ siècle.

Vue au drone de la villa avant fouille. Crédit : Éveha, 2025.
Vue au drone de la villa après fouille. Crédit : Éveha, 2025.
Salle A (pièce en abside) et pièce B (salle chauffé par hypocauste). Crédit : Éveha, 2026.
Fosse d’extraction polylobée ayant servi de dépotoir. Crédit : Éveha, 2026.
Quelques tesselles en pâte de verre mises au jour autour de la salle. Crédit : Éveha, 2026.

Une réoccupation à l’Antiquité tardive ou au début de Moyen Âge

Le site est réoccupé, probablement, à la toute fin de l’Antiquité ou au début du haut Moyen Âge, sur les ruines de la villa. Au nord, un premier ensemble est constitué de trois séchoirs à grains, de deux silos, de trois fosses et de plusieurs trous de poteau. Un second secteur, plus au sud, au cœur de la villa, est composé d’un ensemble de fosses aux caractéristiques variées. À cela, s’ajoutent un silo et une fosse situés entre les deux ensembles. Le comblement de ces structures est systématiquement constitué de matériaux issus de la démolition de la villa.

Fig. 8 : Silo comblé par des éléments de démolition de la villa. Crédit : Éveha, 2026.

Une utile phase d’aménagement à l’époque moderne

Une quatrième phase se caractérise par l’installation d’un chemin d’axe NO-SE avec une ramification NE-SO. Le reste de la villa est en grande partie déconstruit probablement à cette période.

Chemin moderne. Crédit : Éveha, 2026.
Sol de la villa réutilisé dans le chemin replacé au cœur du bâtiment. Crédit : Éveha, 2026.

Les objectifs de la post-fouille

Les travaux de post-fouille sont actuellement en cours. Ils permettront notamment d’affiner les datations et le phasage du site, d’étudier le mobilier archéologique et de replacer le site de Saint-Avé dans son contexte local et régional.