PÉRIGUEUX (24) – Rue Mosaïque

Les fouilles archéologiques menées sur le site de Périgueux (24) – Rue Mosaïque ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Théo Martin, dans le cadre du projet d’aménagement porté par Syndicat Mixte Départemental des déchets de la Dordogne (SMD3). Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges datés de l’Antiquité ainsi que des époques moderne et contemporaine.

Objectifs scientifiques

La principale problématique de cette opération concernait l’étude des aménagements qui se sont succédé dans ce secteur majeur de la ville antique de Vesunna. Le suivi de travaux devait s’attacher à dégager et enregistrer les aménagements successifs jusqu’au fond de la fosse destinée aux futurs points d’apport volontaire (PAV) ou jusqu’au substrat.

La profondeur des terrassements devait permettre d’atteindre les niveaux d’occupation anciens, correspondant notamment à la phase de création de la ville qui se caractérise par des aménagements en matériaux périssables et une trame viaire mise en place dès la fondation de la cité. L’emplacement pressenti pour les PAV pouvait en effet correspondre avec la bordure orientale du cardo C3 (un des axes de la ville antique, orienté nord-sud), même si le positionnement de ces découvertes anciennes n’était pas certain. Il était aussi possible que les vestiges du mur péribole et du pavillon d’entrée monumental de l’ancien temple dédié à la divinité tutélaire de la cité, Tutela Vesunna, soient touchés.

Par ailleurs, ce sondage devait permettre de renseigner l’histoire de l’abandon de ce secteur de la ville au profit de la cité enclose au Bas-Empire (193-476 après J.-C) puis de la cité médiévale, qui se développent toutes deux plus au nord.

Enfin, il s’agissait de définir l’ampleur des perturbations engendrées par la création de la ligne de chemin de fer et par celle du rond-point Charles Durand.

Une voie antique aux abords du temple à Tutela Vesunna

Le suivi de travaux du PAV a permis de documenter l’axe routier à l’est du sanctuaire dédié à la divinité tutélaire de la cité (Fig. 1).

Fig. 1 : Vue zénithale de la portion de voie antique conservée en fond de fouille, Crédit : Éveha, 2026.

Les niveaux les plus anciens de la fondation de la cité n’ont pas pu être atteints, mais les différents niveaux successifs de la voie ont été observés sur près de 1 m de hauteur (Fig. 2).

Fig. 2 : Vue en coupe de la séquence de la stratigraphie de la voie antique, Crédit : Éveha, 2026.

Certaines bandes de roulement conservaient des ornières (Fig. 3). Les derniers niveaux semblent être abandonnés après le 3e s. de notre ère.

Fig. 3 : Vue de détail d’une ornière observée sur l’une des bandes de roulement de la voie, Crédit : Éveha, 2026.

Cet espace conserve son rôle de circulation après l’Antiquité, puisque des niveaux sont observés jusqu’aux périodes moderne et contemporaine. Par ailleurs, plusieurs maçonneries de ces périodes sont identifiées comme des murs parcellaires (Fig. 4) qui viennent border la limite orientale du PAV et de l’espace routier. Cette organisation est bouleversée et réorganisée avec l’arrivée du chemin de fer dans le troisième quart du 19e s.

Fig. 4 : Vue zénithale des maçonneries modernes à contemporaines localisées dans l’emprise de fouille,
Crédit : Éveha, 2026.

Les objectifs de la post-fouille

L’étude post-fouille consistera à préciser la chronologie des différents niveaux archéologiques observés et s’attachera plus particulièrement à identifier les différentes phases d’utilisation de la voie antique reconnue.

Au-delà de cette opération, il serait intéressant de poursuivre les investigations dans cette zone afin de documenter l’ensemble de l’emprise de cet axe majeur de la cité de Vesunna, afin de comprendre son organisation depuis sa genèse jusqu’à son abandon durant l’Antiquité tardive (3e-6e s. de notre ère).

Les données relatives à l’organisation et à la caractérisation technique du réseau de voirie gallo-romain commencent à être suffisamment nombreuses pour comprendre l’organisation et l’évolution globale de celui-ci, qui reste cependant hypothétique pour de nombreux quartiers de la ville restant à explorer.